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Afrique du Sud: la police expulse Malema d'un meeting de mineurs

17/09/2012 09:07 EDT | Actualisé 17/11/2012 05:12 EST

Le jeune tribun sud-africain Julius Malema, l'ancien chef de file des jeunes de l'ANC exclu du parti dominant en Afrique du Syd, a été expulsé lundi par la police d'un meeting de mineurs en grève près de Marikana (nord), a constaté un photographe de l'AFP.

Lorsque Julius Malema est arrivé, il a essayé d'entrer dans le stade où 2.000 grévistes s'étaient rassemblés mais la police l'a refoulé, en indiquant que sa présence n'était pas autorisée, et l'empêchant pour la première fois de prendre la parole en public.

La police lui a signifié que seuls les travailleurs et les négociateurs du conflit qui bloque depuis plus d'un mois la mine de platine du groupe britannique Lonmin pouvaient pénétrer dans le stade, aux abords duquel environ 2.000 autres personnes était regroupées.

Des médiateurs religieux devaient y rendre compte des progrès des négociations salariales.

Après de longues palabres devant l'accès du stade, Malema a été éloigné sous escorte policière, suscitant la colère de certains travailleurs qui ont jeté des pierres sur la police et hurlé qu'ils voulaient que le jeune politicien s'exprime.

Un autre manifestant avait auparavant proféré des menaces de mort contre le jeune tribun.

Un hélicoptère de la police survolait la zone, tandis que des policiers à pied ont rapidement pris position devant les autres accès du stade pour l'empêcher de rentrer par une autre entrée, selon l'agence sud-africaine Sapa.

Expulsé de l'ANC pour indiscipline en avril, Malema, 31 ans, surfe sur le mécontentement social qui agite les mines sud-africaines depuis plusieurs semaines. Jusqu'à présent, il avait toujours pu prendre la parole, et avait toujours eu un fort impact médiatique.

Il a appelé la semaine dernière les mineurs à une grève cinq jours par mois jusqu'à ce qu'ils obtiennent tous 12.500 rands par mois (1.150 euros), la revendication des foreurs de Marikana depuis le début de leur grève sauvage le 10 août.

Parti en croisade contre ses anciens amis de la direction de l'ANC et leurs alliés des syndicats dominants qu'il accuse notamment d'avoir trahi la base en devenant actionnaires des compagnies minières, il a entamé une tournée des mines, jurant de les rendre "ingouvernables".

Il avait déjà détourné à son profit une cérémonie d'hommage aux 34 manifestants abattus par la police le 16 août à Marikana pour la transformer en meeting politique.

Mais le gouvernement a donné l'ordre vendredi aux forces de l'ordre de mettre un terme aux troubles agitant le bassin de Rustenburg, où est située Marikana, en encadrant notamment les rassemblements.

L'unité d'élite des "Hawks" (Faucons) de la police a parallèlement ouvert une enquête contre Malema, accusé d'incitation à la violence et intimidations.

Si la réunion du stade de Marikana a été autorisée lundi, des policiers ont dispersé un autre rassemblement de mineurs dans la matinée, comme ils avaient empêché des manifestations dimanche.

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