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Transfert de Le Floch-Prigent: "procédure de police à police" (justice ivoirienne)

16/09/2012 01:19 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

La remise par la Côte d'Ivoire de l'ancien patron français d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent, aux autorités togolaises, s'est déroulée dans le cadre d'une procédure de transfert policier et non d'une procédure classique d'extradition, a indiqué dimanche un magistrat ivoirien.

Loïk Le Floch-Prigent, arrêté samedi matin à Abidjan dans le cadre d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice togolaise dans une affaire d'escroquerie, a été transféré dès samedi soir vers le Togo.

Son avocat français, Me Patrick Klugman, a assuré que les "formes de l'extradition telles que nous les connaissons actuellement n'ont pas été respectées", dénonçant un "enlèvement".

"Aucune décision de justice n'a été rendue et aucun magistrat n'est intervenu dans ce transfert, qui s'est déroulé dans le cadre d'une procédure de police à police, suivant la convention d'Interpol", l'organisation policière internationale, a expliqué à Abidjan le substitut du procureur de la République, Noël Djé.

"Interpol au Togo est entrée en contact avec Interpol en Côte d'Ivoire et la police ivoirienne a remis M. Le Floch-Prigent à la police togolaise", a-t-il ajouté.

Mais pour certains observateurs, l'extrême rapidité du transfert de M. Le Floch-Prigent entrerait dans le cadre d'un échange de bons procédés entre Abidjan et Lomé.

Le Togo est en effet le seul pays à avoir exécuté un mandat d'arrêt international des autorités ivoiriennes visant un exilé du camp de l'ancien président Laurent Gbagbo, en l'occurence l'ex-ministre de la Défense ivoirien, Moïse Lida Kouassi.

Et la justice ghanéenne est en train d'examiner la demande d'extradition présentée par Abidjan concernant le porte-parole de Laurent Gbagbo, Justin Koné Katinan, arrêté le 24 août à Accra dans le cadre d'un mandat d'arrêt international et accusé de "crimes économiques".

Ni les autorités ivoiriennes ni l'ambassade de France ne se sont exprimées sur le sujet. Le ministère français des Affaires étrangères a seulement indiqué que M. Le Floch-Prigent avait bénéficié de l'assistance consulaire.

L'arrestation de M. Le Floch-Prigent serait liée à celle d'un ex-ministre togolais, Pascal Bodjona, inculpé le 12 septembre dans le cadre d'une affaire "d'escroquerie internationale", qui oppose un homme d'affaires togolais, Bertin Sow Agba, à un homme d'affaires émirati, Abbas El Youssef.

L'Emirati a porté plainte contre M. Agba, l'accusant d'avoir organisé un réseau pour lui soutirer 48 millions de dollars, en lui faisant croire que ses membres détenaient la fortune du défunt président ivoirien Robert Gueï, estimée à 275 millions de dollars, bloquée sur un compte en banque au Togo.

Abbas El Youssef a mis en cause dans les médias togolais MM. Agba, Bodjona et Le Floch-Prigent dans cette affaire qui rappelle les arnaques dites "à la nigériane" qui circulent sur internet.

M. Le Floch-Prigent avait été condamné en 2003 à 5 ans de prison dans l'affaire Elf et avait passé environ deux ans derrière les barreaux pour des malversations financières. Il est aujourd'hui consultant dans le pétrole.

thm/jb

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