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Nord-Mali: nouvelle amputation d'un homme soupçonné de vol par des islamistes (témoins)

16/09/2012 02:25 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

Les islamistes armés qui contrôlent la ville malienne de Tombouctou (nord-ouest) ont fait couper la main d'un homme soupçonné de vol, dimanche après-midi, mettant ainsi en scène une nouvelle amputation publique au nom de la charia (loi islamique), a-t-on appris auprès de témoins.

"Au moment où je vous parle, il est ici à Tombouctou, 17H30, les islamistes viennent de couper la main d'un voleur devant plus de 200 spectateurs", a déclaré à l'AFP un habitant de la ville.

"L'homme a été attaché à un fauteuil. Autour de lui, il y avait plus de 100 personnes, pour voir la scène, dans l'est de Tombouctou. C'est un jeune homme accusé de vol. Il a crié très fort. J'ai vu le sang couler et sa main droite est tombée", a déclaré à l'AFP un autre témoin, par téléphone.

Un responsable islamiste de la ville a déclaré à l'AFP à Bamako: "Nous n'avons fait qu'appliquer la charia. C'est un voleur. La loi musulmane dit qu'il faut couper la main du voleur, et c'est ce que nous avons fait". Ses propos en arabe étaient traduits par un habitant, au téléphone.

Le jeune homme amputé s'appelle Dédeou Touré, a précisé à l'AFP un journaliste local.

Début juillet, les membres du groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de la religion) qui contrôlent Tombouctou avaient démoli la majorité des mausolées des saints musulmans de la cité, ancien haut-lieu intellectuel et culturel du Sahara, provoquant l'indignation au Mali même et à l'étranger.

Le 29 juillet, des membres du groupe Ansar Dine avaient lapidé à mort, en public, à Aguelhok (nord-est du Mali) un homme et une femme auxquels ils reprochaient d'avoir eu des enfants sans être mariés.

Et depuis août, plusieurs amputations publiques ont été effectuées par les islamistes dans différentes localités du nord du pays.

Dans la foulée d'un putsch militaire du 22 mars à Bamako, les trois régions administratives du nord du Mali sont tombées aux mains des groupes islamistes radicaux Ansar Dine, et Mujao, alliés d'Aqmi. Ils y appliquent la charia qu'ils entendent imposer à tout le Mali.

sd/lbx/aub

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