Myrtò Papatanasiu : la nouvelle Maria Callas de passage à Montréal (ENTREVUE)

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MYRTO PAPATANASIU
Yves Renaud

Quelques mois après s'être mérité le Maria Callas Debut Award pour sa performance dans La Traviata à l'Opéra de Dallas, la chanteuse d'origine grecque, Myrtò Papatanasiu, fait résonner l'ampleur de son talent à la salle Wilfrid-Pelletier, en interprétant le rôle mythique de Violetta.

Bien qu'elle n'ait pas grandi dans un pays avec une tradition opératique aussi forte qu'en Italie, Papatanasiu était prédestinée à faire son chemin en musique. Entourée d'une famille comptant plusieurs musiciens, elle est le fruit d'un amour qui a pris naissance dans une chorale. « Mes parents s'y sont rencontrés et ils y chantent encore aujourd'hui. Quand j'étais enfant, ils ont rapidement compris que j'avais une intonation de voix parfaite et m'ont encouragé à chanter avec eux dès l'âge de quatre ans. »

Malgré les heures qu'elle investit pour développer ses connaissances musicales, ses talents de pianiste et de chanteuse, Myrtò Papatanasiu affirme qu'il lui a fallu beaucoup de temps avant de sentir qu'une carrière en opéra était envisageable. « Il faut prendre son temps, comme un vin qu'on laisse vieillir. Ce n'est pas seulement une question de voix, il faut avoir une grande discipline et être capable de vivre loin de la maison. Avec le temps, j'ai senti le soutien de certains directeurs artistiques et ça m'a donné le courage de croire en mon potentiel. »

Après avoir interprété Violetta aux États-Unis, en Italie, en Angleterre et en Espagne, la chanteuse fait partie de la distribution montréalaise de La Traviata, qui conclut la « trilogie populaire » de Verdi, après les succès de Rigoletto (2010) et d'Il Trovatore (2011). Inspiré de la Dame aux camélias, La Traviata raconte l'histoire d'amour tragique entre Violetta la courtisane et Alfredo le bourgeois. Atteinte de tuberculose, la jeune femme tentera de profiter des jours qu'il lui reste en oubliant son passé et en refusant de taire son amour, comme le souhaite le père d'Alfredo. « Le rôle de Violetta est très difficile à chanter et me demande beaucoup d'énergie. Le premier acte est comme des feux d'artifice, avec beaucoup de notes très aiguës. Lorsqu'elle rencontre le père d'Alfredo dans le deuxième, tout est plus lyrique, lourd et dramatique. Puis, dans le troisième, quand elle se meurt, je dois chanter tout doucement, presque jouer comme une actrice. »

Le directeur artistique de l'Opéra de Dallas, Jonathan Pell, affirme que la soprano grecque offre une étonnante combinaison de beauté vocale et d'instincts théâtraux remarquables. « Lorsqu'elle a auditionné devant moi en 2009, j'ai tout de suite senti qu'elle avait un don. Dès nos premières répétitions, nous avons été frappés de voir à quel point elle pouvait jouer naturellement ce rôle extrêmement difficile. Myrtò a cette habileté d'être à la fois incroyablement forte et d'une fragilité à nous briser le cœur. »

Surprise et émue d'avoir gagné le prix pour sa performance à Dallas, Papatanasiu compte offrir aux Montréalais la même intensité. « Ma Violetta est fragile, passionnée, dynamique et généreuse. Je veux partager toutes ces émotions avec le public de Montréal. »

Après les représentations avec l'Opéra de Montréal, la chanteuse ne chômera pas. Attendue à Vienne, Paris et Moscou dans les prochains mois, son agenda est pratiquement rempli pour les quatre prochaines années.

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