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Louvre: après la Pyramide de Pei, la verrière de Bellini et Ricciotti

16/09/2012 07:35 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

Voile flottant au vent, aile de libellule, nuage doré ou tapis volant: une étonnante structure, réalisée par les architectes Mario Bellini et Rudy Ricciotti, coiffe les nouveaux espaces des Arts de l'Islam du Louvre.

Cette verrière protégée d'une résille tridimentionnelle de métal doré et argenté est l'étendard du nouveau département des Arts de l'Islam que le public pourra découvrir à partir de samedi.

Soutenue par huit piliers très minces, elle semble survoler la Cour Visconti près de la Seine, mais ne touche pas les façades de cette cour commencée au XVIIe siècle et complétée par l'architecte Visconti au XIXe.

"Nous avons voulu bâtir un voile léger, comme si il était soutenu par le vent, un voile élégant et poétique qui filtre la lumière tout en permettant d'apercevoir les façades historiques de la Cour Visconti", avait expliqué l'Italien Mario Bellini lors d'une visite de chantier.

"Cette aile nouvelle est légère comme une aile de papillon ou de libellule", souligne pour sa part Henri Loyrette, président-directeur du Louvre.

"La Cour Visconti n'est pas couverte et demeure visible. Moins de pesanteur, davantage de tendresse, ainsi avons-nous voulu tendre à l'Islam une main amicale, à l'image de Montesquieu accueillant le Persan en visite à Paris", expliquent Rudy Ricciotti et Mario Bellini dans leur notice architecturale.

Cette structure sophistiquée est composée notamment de 2.350 triangles métalliques que l'on peut ouvrir pour en assurer l'entretien.

Elle protège les espaces muséographiques du département qui se déploient au rez-de-chaussée et au sous-sol rebaptisé "parterre".

Auparavant, la cour Visconti a dû être excavée à 12 mètres de profondeur. L'équipe a creusé sous l'aile qui abrite les salles où sont exposés "Le Sacre de Napoléon" de David, avec des techniques très pointues.

Les fondations ont été reprises et abaissées. Des colonnes ont été coulées dans le sol, par injection de béton à très haute pression.

L'architecte français Rudy Ricciotti pointe la difficulté technique de "la partie non visible de l'iceberg" et reconnaît avoir eu par moment des sueurs froides. Finalement, les bâtiments n'ont pratiquement pas bougé. Le déplacement maximum enregistré a été de 2,5 millimètres.

Le béton noir est l'autre star de ce projet architectural. Fabriqué par le groupe français Lafarge, il recouvre notamment les murs du parterre, permettant par contraste aux objets exposés de mieux rayonner.

Rudy Ricciotti est particulièrement fier de l'escalier monolithe en béton noir de 6 mètres qui relie le rez-de-chaussée au sous-sol. Il a été injecté par le bas en une seule fois.

pcm/fa/sba

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