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L'Iran admet pour la 1e fois la présence de Pasdaran en Syrie et au Liban

16/09/2012 08:17 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

L'Iran a publiquement admis dimanche pour la première fois avoir envoyé des membres des Gardiens de la révolution en Syrie pour aider le régime face à la rébellion, ainsi qu'au Liban voisin, tout en affirmant qu'il ne s'agissait que de "conseillers".

"Un certain nombre de membres de la Force Qods sont présents en Syrie et au Liban", a déclaré le général Mohammad Ali Jafari, commandant en chef des Gardiens de la révolution (Pasdaran), la garde prétorienne du régime iranien.

"Mais cela ne veut pas dire que nous y avons une présence militaire. Nous fournissons (à ces deux pays) des conseils et des avis et les faisons bénéficier de notre expérience", a déclaré le général Jafari lors d'une conférence de presse à Téhéran.

Il n'a pas précisé sur quoi portaient ces "conseils et avis".

"Nous sommes fiers (...) de défendre la Syrie qui est un élément de la résistance" contre Israël, a ajouté le patron des Pasdaran, qui a opposé le "transfert d'expérience" apporté par Téhéran au régime de Damas et le "soutien d'autres pays aux groupes terroristes" en Syrie.

Les autorités iraniennes, comme le régime de Bachar al-Assad, qualifient les rebelles syriens de 'terroristes".

C'est la première fois qu'un responsable des Pasdaran reconnaît publiquement la présence d'éléments de la "Force Qods" en Syrie et au Liban, dénoncée depuis des mois par l'opposition syrienne et des responsables américains.

La "Force Qods" est l'unité des Gardiens de la révolution chargée de toutes les opérations extérieures, officielles ou clandestines, du corps d'élite de la République islamique.

Forte de plusieurs milliers de membres, elle serait particulièrement active dans les pays du Moyen-Orient, selon les analystes occidentaux>.

Plusieurs pays occidentaux et arabes accusent Téhéran de fournir, depuis le début du conflit en Syrie il y a 18 mois, une aide militaire au régime Assad, principal allié de l'Iran dans la région.

Les dirigeants iraniens ont toujours démenti toute présence militaire en Syrie, affirmant n'apporter qu'une aide "morale et humanitaire" à ce régime.

L'opposition armée syrienne a affirmé maintes fois avoir capturé des Gardiens de la révolution, et dernièrement parmi un groupe de 48 Iraniens enlevés début août. Téhéran a d'abord dit qu'il s'agissait de "pèlerins", avant d'admettre que certains étaient des militaires "à la retraite".

Un responsable américain parlant sous couvert d'anonymat a confirmé à la mi-août à l'AFP qu'"au moins certains de ces otages" appartenaient aux Gardiens de la révolution.

L'Iran essaie de "former une milice en Syrie pour le compte du régime; nous observons une présence de plus en plus grande de l'Iran (dans le pays) et cela nous inquiète", a affirmé de son côté le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta.

Au Liban, le puissant mouvement armé du Hezbollah est un allié des régimes en Syrie et en Iran.

D'ailleurs le général Jafari a rappelé qu'en cas d'attaque israélienne contre l'Iran, son pays a de nombreux "moyens d'action, notamment à travers le soutien des musulmans (dans le monde) à la République islamique". Une allusion voilée au Hezbollah qui s'est déclaré prêt à attaquer Israël pour aider Téhéran dans un conflit éventuel.

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