NOUVELLES

L'ex-policier ayant révélé le scandale autour de Bo Xilaï est devant la justice

16/09/2012 08:01 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

PÉKIN, Chine - Le scandale secoue la Chine depuis plusieurs mois, et n'en finit pas: après la condamnation à la peine capitale avec sursis de Gu Kaïlaï, l'épouse de l'homme politique déchu Bo Xilaï, pour le meurtre d'un homme d'affaires britannique Neil Heywood, c'est au tour du responsable policier qui avait révélé l'affaire, Wang Lijun, de comparaître devant la justice chinoise.

Le procès de M. Wang, l'ancien chef de la police de Chongqing, une ville située dans le centre du pays, s'ouvrira mardi, a précisé le tribunal intermédiaire du peuple de Chengdu, au sud-ouest de la Chine. Cet ancien proche de Bo Xilaï doit être jugé pour défection, corruption passive, "détournement de la loi à des fins personnelles" et abus de pouvoir.

Selon l'agence de presse officielle Chine Nouvelle, Wang Lijun savait que Gu Kaïlaï était impliquée, mais a "sciemment délaissé son devoir et détourné la loi à des fins personnelles" pour qu'elle ne soit pas considérée comme responsable du meurtre de M. Heywood en novembre dernier à Chongqing.

Bo et Wang se connaissent depuis le début des années 2000 quand le premier gouvernait la province de Liaoning, au nord-est du pays et que le second y luttait contre la criminalité organisée. Lorsque Bo a été nommé à la tête de la municipalité autonome de Chongqing, il a fait muter Wang pour y accomplir la même tâche, se bâtissant une dimension nationale.

En février dernier, alors que certains médias faisaient état d'une enquête de Bo sur son protégé, Wang Lijun s'était réfugié au consulat des Etats-Unis de Chengdu, une décision spectaculaire apparemment motivée par des craintes pour sa sécurité.

Lors de son séjour de plusieurs heures dans le bâtiment consulaire, il avait expliqué aux diplomates américains qu'il soupçonnait que Neil Heywood avait été assassiné et que la famille de Bo Xilaï était impliquée. Le consulat encerclé, Wang n'en sortit qu'après avoir négocié sa reddition aux mains du vice-ministre de la Sécurité d'Etat, Qiu Jin, venu exprès de Pékin.

A l'approche du XVIIIe congrès du Parti communiste en octobre, les autorités "vont certainement traiter ça comme une affaire individuelle qui n'implique pas Bo Xilaï et par conséquent qui n'implique pas les guerres de factions au sein du parti", estime Joseph Cheng, professeur de sciences politiques à la City University de Hong Kong. Selon lui, des négociations ont été menées au sein du PCC pour mettre fin à la carrière de Bo Xilaï tout en lui évitant une lourde peine judiciaire.

PLUS:pc