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Les violences reprennent de plus belle, le pape appelle à la paix en Syrie

16/09/2012 05:40 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

Les violences ont repris de plus belle en Syrie dimanche avec des bombardements intensifs des bastions rebelles et des combats sur plusieurs fronts, le pape Benoît XVI appelant depuis le Liban voisin la communauté internationale à trouver une solution "viable" au conflit.

Dans le même temps, l'année scolaire a débuté avec l'ouverture de nombreuses écoles dans les quartiers épargnés par les violences à Damas, alors que selon l'Unicef plus de 2.000 établissements scolaires ont été détruits ou endommagés durant les 18 mois de conflit et des centaines sont utilisés comme abris.

Depuis le matin, des secteurs de la province de Damas, de Deraa (sud), d'Alep (nord), de Hama, Homs (centre) et Deir Ezzor (est) étaient la cible de raids aériens ou de l'artillerie lourde des forces du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le bruit des explosions et des échanges de tirs y était également entendu, alors que des combats faisaient rage dans des quartiers comme Hajar al-Aswad à la périphérie de Damas et en province, a précisé l'ONG qui s'appuie sur un réseau de militants sur place.

A Alep, la métropole du Nord dont plusieurs quartiers ont été dévastés par près de deux mois de violents combats, le quartier de Hanano était bombardé aux obus de chars alors qu'un avion de combat a tiré des missiles sur un bâtiment du quartier de Sakhour, a poursuivi l'ONG.

Dix-neuf civils ont été tués à travers le pays, dont sept dans une attaque à l'explosif contre un autobus dans la région de Deraa, selon un bilan provisoire de l'OSDH, au lendemain d'une nouvelle journée sanglante au cours de laquelle 115 personnes ont été tuées en majorité des civils.

Selon l'OSDH, plus de 27.000 personnes ont péri dans les violences en 18 mois, aucune percée n'ayant été enregistrée dans les efforts visant à trouver une issue au conflit.

Une contestation inédite contre le régime du président Bachar al-Assad a été lancée pacifiquement le 15 mars 2011 par des manifestations réprimées dans le sang. Elle s'est militarisée et aujourd'hui soldats et rebelles se livrent une véritable guerre.

Malgré les violences à travers le pays, la plupart des écoles ont ouvert leur portes dans les quartiers de Damas considérés comme calmes. Selon des responsables, 13 des écoles à Damas sont occupées par des déplacés syriens.

Dans le quartier Tadamon, un point chaud de la capitale, un chauffeur de taxi a dit à l'AFP que ses enfants étaient restés à la maison car les écoles sont restées fermées.

Au dernier jour de sa visite au Liban voisin, le pape Benoît XVI a appelé à la paix en Syrie en demandant à la communauté internationale, particulièrement les arabes, à agir pour trouver des solutions aux conflits dans la région notamment en Syrie.

"Puisse Dieu concéder à votre pays, à la Syrie et au Moyen-Orient le don de la paix des coeurs, le silence des armes et l'arrêt de toute violence", a-t-il dit dans l'Angelus, qui suit la messe devant une foule de 350.000 personnes rassemblées sur le front de mer à Beyrouth.

"J'en appelle à la communauté internationale. J'en appelle aux pays arabes afin qu'en frères, ils proposent des solutions viables qui respectent la dignité de chaque personne humaine, ses droits et sa religion. Qui veut construire la paix doit cesser de voir dans l'autre un mal à éliminer", a-t-il ajouté.

Le souverain pontife avait déjà loué la veille le courage des jeunes Syriens. "J'ai appris qu'il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j'admire votre courage", avait-il dit devant des jeunes rassemblés au nord de Beyrouth.

La communauté internationale ne parvient pas à surmonter ses divisions sur le dossier syrien, la Russie, l'Iran et la Chine, des alliés du régime, refusant toute ingérence dans ce pays, alors que les Occidentaux, Arabes et Turcs veulent le départ de M. Assad.

D'ailleurs, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, qui a pris ses fonctions le 1er septembre, ne cesse de répéter que sa mission destinée à trouver une solution était "très difficile".

Après son entretien samedi avec M. Assad à Damas, M. Brahimi qui se trouve toujours en Syrie, a tiré la sonnette d'alarme en mettant en garde contre le danger "pour la région et le monde" du conflit et affirmé qu'il n'avait "pas de plan" pour un règlement.

Quant à M. Assad il est resté inflexible en répétant devant son hôte sa volonté de poursuivre sa guerre contre les rebelles et de discuter avec les membres de l'opposition qu'il juge acceptables.

M. Assad ne reconnaît pas la contestation et l'assimile à du "terrorisme".

bur-tp/sw

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