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Les joueurs de la LNH en lock-out libres comme l'air d'aller jouer en Europe

16/09/2012 10:48 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

Les portes des arénas de la LNH étant fermées à double-tour, les meilleurs joueurs de hockey de la planète se tournent maintenant vers un nouveau monde d'opportunités.

Tous les joueurs qui faisaient partie d'une formation de la LNH, dimanche matin, sont libres de travailler ailleurs pendant la durée du lock-out, et plusieurs d'entre eux envisagent déjà cette possibilité.

La ligue russe — la KHL — a déjà attiré dans son giron quelques gros noms de la LNH — Evgeni Malkin et Sergei Gonchar — et des équipes de la Suisse, de la Finlande, de la Suède, de l'Allemagne et de la République tchèque devraient également manifester énormément d'intérêt.

Dans l'éventualité où le lock-out s'étirerait, on pourrait assister à un exode massif de joueurs. Presque 400 ont porté les couleurs d'équipes de 19 ligues européennes au cours du lock-out qui a provoqué l'annulation de la saison 2004-05. Cette migration ne s'est pas faite sans heurt, les joueurs de la LNH prenant la place de d'autres.

Le débat entourant l'épineux sujet a repris de plus bel, mais il est peu probable que «l'effet domino» décourage un grand nombre des 750 membres en lock-out de l'Association des joueurs de la LNH.

«Je suis un joueur de hockey et c'est (le hockey) un secteur concurrentiel, a déclaré le capitaine des Penguins de Pittsburgh, Sidney Crosby. Est-ce que je retire une grande satisfaction à l'idée de prendre la place de quelqu'un dans une équipe? Non. Mais au bout du compte, je suis un joueur de hockey.»

Si le joueur-phare de la LNH finit par signer en Europe, il est fort probable qu'il se retrouve en Russie ou en Suisse. Son coéquipier Malkin chez les Penguins s'est déjà engagé envers l'équipe de sa ville natale, à Magnitogorsk, et on le soupçonne d'essayer de le convaincre de le suivre.

La KHL a établi des règles à suivre pour ses équipes en vue du lock-out. Ainsi, chacune ne pourra pas mettre sous contrat plus de trois joueurs de la LNH, à un salaire ne dépassant pas 65 pour cent du salaire qu'ils auraient touché en Amérique du Nord cette saison.

Pour les 20 équipes basées en Russie, seulement une des trois places est disponible pour un joueur étranger, et ce joueur doit avoir disputé un minimum de 150 matchs dans la LNH au cours des trois dernières saisons, avoir porté les couleurs de l'équipe nationale de son pays dernièrement ou avoir remporté la coupe Stanley ou un trophée individuel.

Les six équipes localisées à l'extérieur de la Russie n'ont pas de restrictions et peuvent mettre sous contrat n'importe quels joueurs.

À sa cinquième saison, la KHL estime être en excellente position pour tabler sur la disponibilité d'autant de joueurs élites.

«J'estime que ça représente un énorme potentiel de marketing additionnel pour la ligue et le hockey, a déclaré récemment le vice-président de la KHL, Ilya Kochevrin. Les joueurs-étoiles suscitent de l'intérêt chez beaucoup de gens... qui ne considèrent pas forcément le hockey comme leur sport de prédilection.

«Comme outil de marketing, c'est une belle vitrine pour nous», a-t-il résumé.

En Suède, on a débattu de la meilleure façon d'aborder le lock-out. Les dirigeants de la première division, connue sous le nom Elitserien, ont tranché que tous les joueurs doivent signer un contrat pour la saison entière - peu importe que la LNH reprenne ses activités.

Les équipes de deuxième division accepteront les joueurs de la LNH, même pour une courte période. Les équipes suédoises sont limitées à deux joueurs nés à l'extérieur de l'Europe.

L'obtention d'assurances est le principal obstacle pour les joueurs désireux de s'expatrier. Le processus est relativement simple pour ceux qui sont en bonne santé. Il est beaucoup plus compliqué pour un joueur comme Crosby, qui a subi quelques commotions cérébrales et qui doit empocher presque 112 millions$ US au cours des 13 prochaines saisons.

Les équipes européennes vont défrayer les coûts qui pourraient s'élever entre 2500 et 20 000$ par mois, selon un agent.

Ces dernières semaines, les joueurs ont beaucoup parlé de la possibilité d'aller jouer à l'étranger. Il en a notamment été question lors de la réunion syndicale de New York, la semaine dernière.

«Beaucoup de gars ont apprécié leur expérience outre-mer la dernière fois», a souligné le joueur de centre des Sénateurs d'Ottawa, Jason Spezza.

Il reste à voir quel accueil réservera la KHL aux joueurs-étoiles. L'attaquant Michael Cammalleri, des Flames de Calgary, a affirmé que la Russie était la destination toute désignée pour les Européens. Il avance même que certains d'entre eux ne voudront peut-être pas revenir en Amérique, à la fin du conflit.

«Vous pouvez y aller et gagner plusieurs millions de dollars», a noté Cammalleri.

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