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Le Musée des civilisations présentera une exposition sur l'art africain

16/09/2012 04:58 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

PARIS - Consacrée aux «Arts du Nigeria dans les collections privées françaises», la prochaine exposition du Musée de la civilisation de Québec sera «unique au monde», assure son directeur général, Michel Côté.

«Toutes ces œuvres magnifiques seront réunies pour la première fois. Plusieurs n'ont jamais été montrées, ni en Europe ni en Amérique», dit M. Côté au sujet des 187 masques, sculptures, cimiers et autres ornements qui seront exposées à partir du 24 octobre.

Très connu en France depuis qu'il a dirigé l'ambitieux projet de Musée des Confluences de Lyon, Michel Côté a profité de la tenue de «Parcours des mondes» à Paris pour faire la promotion de l'exposition. Ce «salon international des arts premiers» a réuni jusqu'à dimanche dans le quartier Saint-Germain-des-Prés une soixantaine de galeristes spécialisés dans les arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques.

Accompagné du commissaire de l'exposition, le collectionneur français Alain Lebas, le patron du Musée de la civilisation a par la même occasion procédé au lancement du catalogue de l'expo, «qui fait déjà figure de livre de référence» auprès des spécialistes et des passionnés.

L'exposition a été conçue par et pour le Musée de la civilisation, sans partenariat avec une autre institution française. Le parti-pris est passablement pointu, puisqu'il s'agit d'aborder l'art africain par le biais d'œuvres du Nigeria, elles-mêmes sélectionnées par des collectionneurs français éclairés. C'est là, justement, que réside toute son ambition.

«Il va y avoir un choc culturel», prédit Michel Côté, qui souhaite faire vivre une «expérience de découverte» aux visiteurs québécois et les «mettre en contact avec ces objets et cette culture» avec lesquels les Français, avec leur passé colonial et une institution comme le Musée Branly, sont plus familiers.

Le Nigeria, avec ses 140 millions d'habitants, compte 250 ethnies. Les sculptures qui seront présentés à Québec ont été réalisées par 27 d'entre elles et proviennent de 27 collections privées françaises.

A l'origine du projet, Alain Lebas a mis un an et demi à repérer les objets, et à contacter puis à convaincre les collectionneurs français qui les possèdent de les prêter. Pourquoi français ? «Ce n'est pas du chauvinisme. Les pièces les plus marquantes se trouvent dans ces collections», dit-il.

La beauté des oeuvres est d'ailleurs au cœur de la démarche et du projet. Sans négliger l'Histoire ou le contexte social, l'exposition se situera dans le champ des Beaux-arts, pas dans celui de l'ethnographie.

«Notre parti-pris, c'est l'objet africain regardé comme une œuvre d'art et choisi pour ses qualités esthétiques», explique le commissaire.

Si toutes les œuvres sont «plus belles les unes que les autres», quelques-unes font déjà figure d'objets-stars. Parmi eux, un cimier de danse Bokyi, qui accueillera les visiteurs, un masque rond Eket, un ornement de tambour Mbembe, une statue monumentale Igbo de 185 centimètres, un cavalier de la Basse Benoué, un couple d'Ibeji dans leur tunique et un cimier Ejagham à quatre tresses.

«Arts du Nigeria dans les collections privées françaises» se prolongera jusqu'au 21 avril.

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