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La police obtient la dispersion dans le calme d'une manifestation de mineurs

16/09/2012 04:25 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

Plusieurs centaines de mineurs sud-africains se dispersaient dimanche dans le calme à l'appel de la police à l'extérieur de la ville de Rustenburg, renonçant à leur projet de marche sur le poste de police local, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"La police nous a bloqués, ils nous dispersent", a déclaré à l'AFP l'un des meneurs des grévistes, Gaddhafi Mdoda, alors que des centaines d'hommes rebroussaient chemin sans violence.

Les forces de l'ordre, qui avaient bloqué la route avec plusieurs véhicules blindées, ont donné quelques minutes aux mineurs pour se retirer, expliquant que la manifestation n'avait pas été autorisée.

La marche devait être une réponse "pacifique" aux incidents de samedi. La police avait d'abord opéré une descente de vendredi à samedi dans les logements des mineurs, pour y confisquer armes blanches et bâtons.

Puis les forces de l'ordre avaient dispersé dans la matinée un rassemblement de grévistes, usant de gaz lacrymogènes et tirant des balles en caoutchouc qui ont fait plusieurs blessés, dont des femmes.

Dimanche, les mineurs étaient venus sans aucune arme ou bâton, contrairement aux rassemblements des derniers jours ou semaines, ont constaté des journalistes de l'AFP. "Maintenant nous demandons à nos gens de faire demi-tour et de retourner d'où nous venons pour éviter" des violences, a dit Gaddhafi Mdoda.

"C'est une marche pacifique, je crois que ce n'était pas la peine (de nous menacer) mais ils nous ont dit qu'ils nous donnaient quelques minutes pour nous disperser, c'était une grande menace", a ajouté ce meneur de la mine d'Amplats.

Tandis que la manifestation se dispersait, un autre mineur, Lunsstone Bonase, 32 ans, expliquait à des journalistes: "Depuis 1994 Mandela nous a donné la liberté, mais pour nous, la liberté, ce n'est pas de travailler. Le gouvernement est contre le peuple et permet qu'on tue des gens (...) Est-ce qu'on va travailler comme sous l'apartheid? Ils nous forcent à retourner au travail, comme ils le faisaient sous l'apartheid", a-t-il dit.

Ce dimanche tombe exactement un mois jour pour jour après la fusillade du site Marikana, exploité par Lonmin, où la police a ouvert le feu sur un rassemblement de mineurs armés d'armes traditionnelles, faisant 34 morts. Les grévistes réclamaient de substantielles augmentations de salaire.

Ce massacre a plongé le pays en état de choc, et déclenché des troubles qui s'étendent peu à dans le secteur minier, touchant essentiellement la ceinture de platine autour de Rustenburg, où les multinationales du secteur extraient plus d'un cinquième de la production mondiale de platine.

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