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La compagnie israélienne El-Al veut stopper ses liaisons avec Le Caire (presse)

16/09/2012 06:01 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

La compagnie nationale aérienne israélienne El-Al a indiqué ne plus être en mesure de continuer à desservir Le Caire, pour la première fois depuis le traité de paix israélo-égyptien de 1979, en raison notamment du surcoût lié à la sécurité, rapporte dimanche la presse locale.

"La desserte du Caire (...) requiert une quantité importante de ressources opérationnelles et de sécurité et des coûts de plusieurs centaines de milliers de dollars (bien dollars) chaque année", a écrit le PDG d'El-Al, Eliezer Shkedi, dans une lettre au ministère des Affaires étrangères, dont le quotidien Maariv publie des extraits.

"En l'absence de justification commerciale et au vu des coûts importants liés à l'exploitation de cette ligne, El-Al ne peut continuer à prendre à sa charge ses lourdes dépenses et entend donc stopper la liaison avec Le Caire immédiatement", a ajouté le patron d'El-Al.

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé avoir reçu une lettre du PDG d'El-Al, mais sans en dévoiler la teneur.

"L'affaire est en train d'être examinée", a déclaré à l'AFP Irena Etinger, une porte-parole du ministre.

La compagnie El-Al n'a pu être jointe dans l'immédiat.

Depuis la signature de l'accord de paix entre Israël et l'Egypte en 1979, El-Al dessert Le Caire à raison généralement d'un vol par semaine.

Cette liaison Tel-Aviv/Le Caire a été limitée depuis la chute de l'ex-président égyptien Hosni Moubarak en février 2011 à la suite de la détérioration des relations entre les deux pays voisins.

Le PDG d'El-Al a précisé que si le ministère des Affaires étrangères souhaitait que la desserte du Caire se poursuive, le gouvernement israélien devrait en assumer les coûts. El-Al a été privatisée en 2002.

"Au vu de la situation sécuritaire sensible en Egypte, El-Al devra prendre des mesures spéciales qui auront un coût important", estime-t-il dans sa lettre.

Si El-Al annule ses vols vers la capitale égyptienne, il ne sera pas possible de rétablir la desserte, s'inquiète un diplomate israélien, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, cité par Maariv. "Tout élément de normalisation entre les deux pays qui est arrêté ne pourra pas être rétabli", selon cette source.

Depuis l'attaque contre l'ambassade d'Israël en Egypte il y a un an, et l'évacuation du personnel, Israël a renvoyé un ambassadeur dans la capitale égyptienne mais n'a toujours pas trouvé de locaux adéquats pour héberger une nouvelle ambassade.

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avait invité le mois dernier le président égyptien Mohamed Morsi à réchauffer les relations de son pays avec l'Etat hébreu et à visiter Jérusalem. M. Morsi n'a pour le moment pas répondu à cette invitation.

Israël a vu avec inquiétude l'influente confrérie des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, accéder au pouvoir en Egypte après la révolte qui a chassé le président Hosni Moubarak. Les dirigeants israéliens craignent notamment une remise en cause, totale ou partielle, du traité de paix avec l'Egypte.

dms/agr/sw

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