NOUVELLES

Gambie: l'opposition demande de commuer les peines capitales en prison à vie

16/09/2012 08:45 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

Le principal dirigeant de l'opposition en Gambie, Ousainou Darboe, a invité dimanche le président Yahya Jammeh à "aller plus loin" que la suspension des exécutions des condamnés à mort, en commuant leur peine en prison à vie et en accordant le "pardon absolu" aux prisonniers politiques.

Ousainou Darboe réagissait ainsi à l'annonce faite, vendredi soir, par la présidence gambienne d'un "moratoire" sur les exécutions de dizaines de prisonniers dans le couloir de la mort.

"Sa décision de suspendre les exécutions (...) est le résultat d'une pression internationale sérieuse et il est vrai que le gouvernement a répondu d'une façon mûre au tollé", a déclaré à l'AFP M. Darboe, chef du Parti démocratique uni (UDP) et candidat malheureux à la présidentielle de novembre, remportée par Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 18 ans.

"Le président devrait aller plus loin et commuer en prison à vie la peine de tous ceux qui sont dans le couloir de la mort", a ajouté M. Darboe.

Il a par ailleurs plaidé le "pardon" pour les prisonniers politiques.

"Ceux qui ont été reconnus coupables de +trahison+ et condamnés à mort devraient bénéficier d'un pardon absolu parce que ce sont des délits politiques", a-t-il dit, insistant sur l'idée que "les condamnations de certains avaient été politiquement motivées".

Parmi les "prisonniers politiques", on compte l'ancien chef des armées, l'ancien chef des services secrets, l'ancien chef adjoint de la police, des hommes d'affaires et des militaires.

Le président gambien avait provoqué un tollé international, durant l'été, en annonçant sa décision de faire procéder avant la mi-septembre à l'exécution de tous les condamnés à mort dans son pays.

Neuf détenus avaient été fusillés le 29 août et des dizaines d'autres détenus restaient sous la menace d'exécution imminente, dont des malades mentaux et des prisonniers politiques, selon différentes organisations indépendantes.

Ousainou Darboe avait alors appelé "la communauté internationale à interdire à Yahya Jammeh et ses ministres de voyager si (M. Jammeh) exécutait les condamnés à mort".

str-lbx/aub

PLUS:afp