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Film islamophobe: une manifestation fait un mort et 18 blessés au Pakistan

16/09/2012 05:27 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

KARACHI, Pakistan - Des centaines de Pakistanais manifestant contre un film islamophobe ont franchi dimanche une barricade érigée près du consulat américain de la ville de Karachi, dans le sud du Pakistan, provoquant des affrontements avec la police qui ont fait au moins un mort et près d'une vingtaine de blessés.

Le film, qui ridiculise le prophète Mahomet, a donné lieu durant la dernière semaine à de violentes manifestations partout dans le monde musulman, dont en Libye où une attaque contre le consulat américain de Benghazi a coûté la vie à l'ambassadeur des États-Unis dans le pays, Chris Stevens.

À Karachi, les forces de l'ordre ont utilisé des grenades de gaz lacrymogène et des canons à eau pour repousser les protestataires qui avaient réussi à s'introduire dans le périmètre de sécurité et à atteindre le mur extérieur du consulat, a raconté l'agent Mohammed Ranjha. Les policiers et des gardes de sécurité ont aussi tiré en l'air afin de disperser la foule.

Ali Ahmar, un porte-parole du groupe chiite qui avait organisé le rassemblement, a révélé que l'un des participants avait été tué durant l'échauffourée. Un représentant du principal service ambulancier de la ville, Khurram Ahmad, a confirmé qu'un manifestant était mort et que 18 autres avaient été blessés.

Un porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Islamabad, Rian Harris, a assuré que tous les Américains qui travaillaient au consulat étaient sains et saufs.

D'autres manifestations ont également eu lieu ailleurs au Pakistan dimanche, notamment à Lahore, à Dera Ismail Khan et à Peshawar.

Ce mouvement de protestation a été engendré par un film amateur réalisé aux États-Unis et intitulé «Innocence of Muslims» («L'innocence des musulmans»), qui dépeint Mahomet comme un escroc, un coureur de jupons et un batteur d'enfants. Un extrait de 14 minutes en anglais et en arabe a été diffusé sur YouTube.

Les actes de violence ont commencé mardi au Caire lorsque des manifestants, pour la plupart islamistes, ont escaladé les murs de l'ambassade américaine au Caire et ont arraché le drapeau américain qui flottait dans la cour de l'édifice. Quelques heures plus tard, M. Stevens et trois autres Américain perdaient la vie dans un assaut contre le consulat des États-Unis à Benghazi.

Au cours de la semaine, des protestataires en colère s'en sont aussi pris à des ambassades occidentales au Soudan et en Tunisie, en plus de brûler un établissement appartenant à une chaîne de restauration rapide américaine au Liban.

Dimanche, le porte-parole du président égyptien Mohammed Morsi a déclaré que l'intrusion dans la représentation diplomatique des États-Unis au Caire était «injustifiée». Cette condamnation claire visait apparemment à dissiper les doutes sur la position du gouvernement de l'Égypte par rapport à cet incident, M. Morsi ayant été critiqué pour avoir attendu deux jours avant de dénoncer l'attaque.

Au Liban, le leader du Hezbollah, le cheik Hassan Nasrallah, a déclaré dimanche que son organisation tiendrait des manifestations contre le film à compter de lundi et que les manifestants ne devaient pas seulement exprimer leur colère en attaquant les ambassades américaines.

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