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Afrique du Sud: l'Etat ne prend pas parti contre les mineurs (présidence)

16/09/2012 12:05 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

L'Etat ne prend pas parti dans le conflit de Marikana (nord), a déclaré le président sud-africain, Jacob Zuma, dans un communiqué diffusé dimanche en réponse aux critiques contre la spectaculaire descente de police effectuée la veille.

Se défendant de toute atteinte aux libertés des habitants de cette localité minière troublée depuis plus d'un mois par un conflit social meurtrier, ou aux droits des grévistes, M. Zuma a souligné "qu'il devait promouvoir la paix et l'ordre".

"Le président souligne que les travailleurs ont le droit de négocier avec leurs employeurs sur les salaires et les conditions de travail et que l'Etat ne prend pas parti dans le conflit. L'Etat intervient à Marikana uniquement pour mettre un terme à la violence et à l'intimidation", ajoute le communiqué.

"L'action du gouvernement à Marikana vise à assurer que les citoyens exercent leurs droits de façon pacifique et dans le cadre légal, comme dans n'importe quel pays démocratique du monde", poursuit-il.

"Le gouvernement ne peut pas tolérer une situation dans laquelle les gens manifestent dans les rues avec des armes dangereuses", ajoute le communiqué qui contient un message de condoléances à la famille du syndicaliste retrouvé mort la semaine dernière, tué d'un coup de machette et 45ème victime du conflit.

La police sud-africaine est intervenue sans ménagement samedi à Marikana, perquisitionnant les logements de mineurs, saisissant bâtons et machettes. Elle a ensuite dispersé un rassemblement, provoquant des heurts qui ont fait plusieurs blessés.

Cette intervention a suscité l'indignation du médiateur religieux, l'évêque Jo Seoka, qui a dénoncé une répression lui rappelant l'apartheid.

Dimanche, lors d'une marche pacifique mise en échec par la police, les grévistes ont fustigé l'attitude pro-employeur du gouvernement, comparée à celle du régime raciste et répressif de l'apartheid, disparu en 1994.

"Le gouvernement comprend pleinement la détresse des pauvres et de la classe ouvrière du pays. Ils demeurent notre priorité et nous travaillons à construire une vie meilleure", a répondu la présidence.

Jacob Zuma a sommé les compagnies minières d'agir "immédiatement" notamment pour permettre aux mineurs de vivre en famille près de leurs lieux de travail.

"Il y a encore des foyers d'hébergement où 166 personnes se partagent quatre toilettes dans certaines mines et ce n'est pas acceptable", a-t-il observé, appelant à des négociations d'urgence entre syndicats et compagnies minières.

clr/jb

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