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Afrique du Sud: l'ANC appelle les mines de platine à négocier différemment

16/09/2012 11:29 EDT | Actualisé 16/11/2012 05:12 EST

Le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l'ANC, a appelé dimanche les dirigeants des mines du platine à tirer les leçons du conflit meurtrier de Marikana (nord) et à changer leurs méthodes de négociations salariales, à l'issue d'un comité exécutif national.

"Nous avons consacré beaucoup de temps à discuter de la tragédie de Marikana", a indiqué le secrétaire général de l'ANC, Gwede Mantashe, un mois jour pour jour après la fusillade où 34 grévistes ont été tués par la police à Marikana.

"Les mines demeurent le socle de l'économie sud-africaine, mais la pauvreté abjecte autour des zones minières demeure une source de profonde inquiétude", a-t-il ajouté, reprochant au secteur du platine de faire semblant d'appliquer la charte minière.

Il a appelé ce secteur à rejoindre le système de négociation collective centralisé (par branches, au lieu du système de négociation entreprise par entreprise en vigueur, ndlr). Cela contribuerait, selon l'ANC, à une résolution pacifique des conflits, notamment salariaux.

En revanche, l'ANC semble peu disposé à bousculer l'hégémonie des fédérations syndicales alliées et s'arc-boute sur le principe "une industrie, un syndicat".

"L'unité des travailleurs est pour eux d'une importance capitale dans la lutte pour améliorer leurs conditions de vie et de travail", a dit M. Mantashe.

Le leadership du NUM, le puissant syndicat national des mineurs, n'est jamais apparu aussi contesté, y compris par la violence, depuis le conflit de Marikana.

La grève et les violences, qui ont fait en tout 45 morts depuis le 10 août dans cette mine de platine du groupe britannique Lonmin, ont démarré par un conflit entre des foreurs réclamant d'être mieux payés et le NUM.

La confrontation avec le syndicat majoritaire, accusé de tourner le dos aux intérêts de la base, a été encouragée par un petit syndicat, l'AMCU.

Plusieurs anciens dirigeants du syndicat national des mineurs sont aujourd'hui de hauts cadres du parti au pouvoir, comme M. Mantashe lui-même ou l'actuel vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe. Ou encore le fondateur du NUM en 1982, Cyril Ramaphosa, qui a prospéré dans les affaires, mais reste membre du comité exécutif national de l'ANC.

clr/jb

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