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Marikana: le médiateur craint une révolte après la descente policière

15/09/2012 01:01 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

L'évêque anglican Jo Seoka, médiateur dans le conflit de la mine de platine de Marikana (nord), a fustigé la descente de police de samedi, craignant qu'elle ne mène à la révolte totale des mineurs de cette région d'Afrique du Sud.

"Je suis particulièrement inquiet et redoute que l'action du gouvernement ne mène dans les faits à une aggravation de la situation et finalement à une révolte totale dans la ceinture de platine" autour de Marikana, a-t-il déclaré dans un communiqué, dénonçant "une grossière violation des droits de l'homme".

"Aujourd'hui, la police a demandé aux travailleurs de rendre toutes leurs armes, ils l'ont fait et on leur a ensuite tiré dessus", a-t-il observé.

Dans la matinée, la police a fait usage de gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc contre des mineurs rassemblés après l'intervention policière de la nuit.

"Le gouvernement doit être fou pour croire que ce qui ressemble pour moi à la répression du temps de l'apartheid, puisse réussir. Nous ne devons pas oublier que de telles méthodes ont dans le passé conduit à davantage de résistance et que le gouvernement ne peut pas se permettre d'être perçu comme l'ennemi du peuple qui l'a porté au pouvoir", a-t-il ajouté.

L'évêque, impliqué dans les pourparlers entre les grévistes et leur direction, estime que le groupe britannique Lonmin et le gouvernement font fausse route.

"La situation qui semblait soluble pourrait devenir intenable", a-t-il ajouté, se disant "choqué et extrêmement en colère".

Les pourparlers avaient enregistré une avancée en fin de semaine et Lonmin avait accepté pour la première fois de faire une proposition salariale en réponse aux revendications des grévistes, dont le mouvement, illégal, a commencé le 10 août dans des conditions violentes.

"Six femmes qui marchaient dans Marikana ont été touchées par des tirs de balles en caoutchouc, et l'une d'elle est hospitalisée. Je crains que tout le difficile travail autour de l'accord de paix, les négociations entre Lonmin et les foreurs, où nous faisions beaucoup de progrès, ne s'arrête brutalement", s'est ému l'évêque.

clr/cpb/jb

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