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Les problèmes actuels des Grands Lacs en partie dus à la CPI, selon Museveni

15/09/2012 11:54 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

Une partie des problèmes actuels dans les Grands Lacs est due aux inculpations de certains acteurs par la Cour pénale internationale (CPI), a estimé le président ougandais Yoweri Museveni lors d'un entretien en Ouganda avec le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

Selon un communiqué publié samedi par la présidence ougandaise, M. Museveni a estimé que la région des Grands Lacs devait "s'occuper des problèmes résiduels en République démocratique du Congo (RDC), notamment en s'occupant de ses propres citoyens, au lieu de tout renvoyer devant la CPI".

"M. Museveni a dit que les rebelles du M23 et autres groupes qui déstabilisent la région sont en partie le résultat de la décision de renvoyer des gens devant la CPI", selon ce texte.

"Les gens envoyés devant la CPI ont des partisans. Le Congo (RDC, ndlr) et le Rwanda coopéraient très bien avant tout ça, mais quand ça a commencé il y a une nouvelle éruption" de violence, a déclaré sans plus de détails M. Museveni, cité dans le texte.

En mars, le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait appelé à l'arrestation de Bosco Ntaganda, peu après la condamnation à la Haye pour recrutement d'enfants de son ancien chef Thomas Lubanga, qui dirigeait une milice dans l'est de la RDC. Bosco Ntaganda est recherché depuis 2006 par la CPI pour les mêmes faits et depuis juillet pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Fin avril, d'ex-rebelles se réclamant de Bosco Ntaganda et intégrés comme lui depuis 2009 dans l'armée congolaise ont fait défection dans l'est de la RDC et repris les armes contre Kinshasa. Ils sont regroupés au sein du M23, que l'ONU accuse Kigali de soutenir, ce que le Rwanda nie.

"Utiliser des institutions pour gérer des contradictions internes au lieu de négocier avec vos opposants est une erreur. Vous ne pouvez pas vous appuyer sur la CPI pour vous débarrasser de vos adversaires", a également dit M. Museveni, dont le pays est membre de la CPI.

Il a affirmé que l'Ouganda "n'avait jamais renvoyé qui que ce soit devant la CPI", indiquant que le pays "avait intégré tous ses ex-ennemis dans son processus de construction de la paix", à l'exception de Joseph Kony, chef de la sinistre rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), en fuite après avoir été chassé d'Ouganda et recherché par la CPI.

Lors de cette rencontre vendredi avec M. Ladsous dans sa maison de campagne de Rwatikura, à 250 km à l'ouest de la capitale, M. Museveni a également dit "penser que gouvernement congolais et rebelles pouvaient parvenir à un accord".

La RDC "doit construire une armée nationale autour d'un noyau de gens éduqués, compétents, disciplinés et loyaux", a-t-il déclaré, réclamant soutien et financement pour le déploiement de la future force neutre que les pays des Grands Lacs veulent déployer d'ici trois mois dans l'est de la RDC pour y combattre les différents groupes armés.

La composition et le financement de cette force ne sont toujours pas définis.

"Il doit y avoir un engagement de tous pour stabiliser les frontières. Il ne doit pas y avoir de menace du Congo (RDC, ndlr) envers les autres pays et des autres pays envers le Congo. La force neutre doit permettre d'instaurer la confiance", a estimé M. Ladsous, cité par la présidence ougandaise.

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