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Le président syrien reçoit l'émissaire de l'ONU, 18 mois de conflit

15/09/2012 04:30 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Le président Bachar al-Assad a reçu samedi matin, selon la télévision syrienne, l'émissaire international Lakhdar Brahimi en mission en Syrie pour tenter de trouver une solution à un conflit sanglant qui entre dans son 19è mois sans issue en vue.

Dans la matinée, des bombardements étaient par ailleurs entendus dans la banlieue de Damas alors que les forces loyalistes étaient déployées dans le sud de la capitale, aux alentours de Hajar al-Aswad et du camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Vendredi, le nouveau médiateur, en mission pour la première fois en Syrie, avait eu des contacts avec des membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND, opposition de l'intérieur), ainsi qu'avec l'ambassadeur russe et le chargé d'affaires chinois en Syrie, a indiqué Vannina Maestracci une porte-parole de l'ONU à New York.

Moscou et Pékin sont deux alliés de poids de Damas et ont déjà bloqué trois résolutions condamnant la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a aussi rencontré le personnel des Nations unies sur place ainsi qu'un délégué du Comité international de la Croix-rouge (CICR), alors que la situation humanitaire dans les villes pilonnées par les forces du régime s'aggrave de jour en jour.

La visite de M. Brahimi intervient alors que le conflit, qui a débuté par une révolte populaire le 15 mars 2011 réprimée dans le sang par le régime qui assimile les rebelles à des terroristes, entrait samedi dans son 19è mois.

Les violences ont fait plus de 27.000 morts, selon l'OSDH.

Alors qu'à Damas, la diplomatie était à l'oeuvre, sur le terrain les combats et les bombardements se poursuivaient.

A Alep, métropole du nord et deuxième ville du pays, où la bataille fait rage depuis deux mois, des hélicoptères ont attaqué samedi un poste de police tenu par les rebelles à Hanano, dans l'est de la ville, alors que les quartiers de Sakhour, dans l'est, Soukkari (sud) et de Qadi Askar, dans le centre, étaient bombardés, a indiqué l'OSDH.

Par ailleurs dans la province de Deraa, dans le sud, des accrochages opposaient les rebelles aux forces gouvernementales qui tentent de reprendre la région de Lajjat, considérée comme une place forte des opposants, selon la même source.

Samedi, M. Brahimi devait également avoir des entretiens avec "un groupe d'ambassadeurs arabes, une délégation de l'Union européenne et des représentants de l'opposition" syrienne.

L'émissaire s'était entretenu après son arrivée jeudi à Damas avec le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem. Il avait aussi rencontré l'ambassadeur iranien en Syrie, selon la porte-parole de l'ONU.

M. Brahimi a également rencontré vendredi des membres de l'opposition tolérée par le régime.

"Nous avons dit à M. Brahimi (...) notre soutien à ses efforts pour régler la crise, en faisant cesser la violence et les tueries, en assurant les soins médicaux (aux blessés) et en libérant les détenus politiques, et ce en prévision d'une étape transitoire" conformément à l'accord de Genève conclu fin juin, a indiqué à la presse Hassan Abdel Azim, porte-parole du CCCND, qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes.

"Le plan (de paix) Annan sera amélioré. Il y aura des idées et des mesures nouvelles car la crise en Syrie ne trouvera de solution que par un compromis arabe, régional et international", a-t-il affirmé à l'issue de la rencontre.

L'accord de Genève fixe des principes pour la transition en Syrie, mais sans appeler au départ du président Assad.

Le plan de paix en six points de Kofi Annan était entré en vigueur le 10 avril, mais le prédécesseur de M. Brahimi n'est jamais parvenu à obtenir l'application de sa demande de cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties et qui devait s'accompagner du lancement d'un dialogue politique.

Selon l'OSDH, les violences ont fait 132 morts dont 100 civils à travers la Syrie vendredi, où comme toutes les semaines, des manifestations hostiles au régime ont eu lieu à travers le pays alors que les combats ont fait rage à Damas et Alep.

En visite au Liban voisin, jusqu'à dimanche, le pape Benoît XVI a lancé vendredi à son arrivée un appel pour que cessent les livraisons d'armes à la Syrie. "L'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer".

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé de son côté que le régime syrien s'approchait de sa "fin inévitable". "Nous devons dire non à ce drame, ne pas permettre aux flammes de s'emparer de la région entière".

Il a affirmé que "l'unique objectif (de la communauté internationale) est de faire en sorte que la Syrie devienne démocratique, dans le respect de son intégrité territoriale".

D'autre part, la porte-parole de l'Unicef, Marixie Mercado, a indiqué que plus de deux mille écoles ont été détruites ou endommagées au cours du conflit armé en Syrie et des centaines d'autres sont utilisées comme abris, alors qu'une nouvelle année scolaire commence dimanche dans ce pays.

bur-sw/feb

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