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L'attaque à Benghazi "planifiée", selon Tripoli qui évoque Al-Qaïda

15/09/2012 11:21 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

Le chef de l'Assemblée nationale libyenne Mohamed al-Megaryef a affirmé samedi que l'attaque du consulat américain à Benghazi, dans laquelle a péri l'ambassadeur, était "planifiée" et impliquait des étrangers, évoquant la piste d'Al-Qaïda.

"Je ne veux pas parler de ce qu'il s'est passé dans les autres pays, mais en ce qui concerne le cas libyen, il y a une méticulosité dans l'exécution de l'opération. Il y a une planification", a déclaré M. Megaryef à l'AFP à Benghazi (est), faisant référence aux manifestations contre un film islamophobe qui secouent depuis mardi le monde musulman.

"Ce n'est pas une manifestation pacifique qui a dégénéré en attaque armée ou en agression. (L'attaque) était initialement planifiée ainsi (...)", a-t-il expliqué, "pour atteindre un objectif particulier".

Il a notamment souligné que l'attaque avait "coïncidé avec l'anniversaire du 11-Septembre", date des attentats revendiqués par Al-Qaïda perpétrés en 2001 aux Etats-Unis.

"Je n'écarte pas le fait que nous allons découvrir des choses qui font le lien entre Al-Qaïda et l'attaque du consulat américain", a ajouté M. Megaryef.

Le nouveau Premier ministre libyen élu Moustapha Abou Chagour avait annoncé jeudi à l'AFP "une importante avancée" dans l'enquête, faisant état d'arrestation.

Quatre Américains, dont l'ambassadeur en Libye, Chris Stevens, ont péri mardi soir dans l'attaque de leur consulat, initialement mise sur le compte de manifestants en colère contre un film dénigrant notamment le prophète Mahomet produit et réalisé aux Etats-Unis.

Selon un responsable américain, des extrémistes se sont servis d'une manifestation contre ce film comme "prétexte" pour s'en prendre aux intérêts américains le jour anniversaire du 11-Septembre.

Le président républicain de la commission du renseignement au Congrès américain, Mike Rogers y a vu lui "clairement (...) la signature d'Al-Qaïda".

M. Megaryef a par ailleurs accusé des étrangers d'être impliqués, faisant état d'"éléments non libyens présents sur le territoire libyen".

"Ils planifient pour exécuter des projets qui leur sont propres sur notre territoire", a-t-il déclaré, citant des rapports des services de renseignement. "Nous ne permettrons pas que le territoire libyen soit utilisé comme un terrain pour l'exécution de ces projets".

De son côté, Al-Qaïda s'est félicité dans un communiqué de l'attaque de Benghazi sans toutefois la revendiquer directement.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), cité par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE, a estimé que la mort du Libyen Abou Yahya al-Libi, N.2 d'Al-Qaïda, "a stimulé l'enthousiasme et la détermination des fils d'Omar al-Mokhtar (en Libye) à se venger de ceux qui se sont moqué et ont attaqué notre prophète".

Le chef du réseau, Ayman Al-Zawahiri, avait diffusé lundi une vidéo confirmant la mort de son bras droit, tué en juin au Pakistan.

Le président américain Barack Obama avait été ferme après l'attentat de Benghazi. "Je veux que les gens du monde entier m'entendent. A ceux qui nous feraient du mal: aucun acte terroriste ne restera impuni".

Le Pentagone et les renseignements se sont ainsi lancés à la poursuite des assaillants de Benghazi, a révélé vendredi à l'AFP l'un de leurs responsables, évoquant le recours à des armements de haute technologie.

Samedi, M. Megaryef a dit craindre la réaction de Washington, tout en notant que l'Administration américaine lui avait réaffirmé son souci de maintenir de bonnes relations avec l'Etat et le peuple libyens.

Il a ajouté que son pays était prêt à collaborer avec les Etats-Unis dans l'enquête: "Il y a une sorte de faiblesse dans le rendement de certains organes de sécurité libyens (...) C'est le droit (des Américains) de collaborer avec nous et nous ne devons pas considérer cela comme une atteinte à notre la souveraineté nationale".

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ces derniers jours dans le monde musulman, notamment devant des chancelleries américaines, pour dénoncer le film qui dénigre le prophète Mahomet et les musulmans en les présentant comme brutaux et immoraux. Au total, au moins onze manifestants ont péri dans des heurts lors de ces défilés.

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