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La crise syrienne, une "menace" pour le monde selon Brahimi

15/09/2012 06:46 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

L'émissaire international Lakhdar Brahimi a affirmé samedi après sa rencontre avec le président syrien Bachar al-Assad que le conflit en Syrie représentait une "menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde".

"La crise est dangereuse, elle s'aggrave et elle représente une menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde", a déclaré le médiateur aux journalistes dans un hôtel de Damas, après un entretien avec le chef d'Etat syrien.

"Nous allons faire de notre mieux pour aller de l'avant et pour mettre tous nos efforts et nos possibilités en vue d'aider le peuple syrien", a ajouté l'émissaire.

Il a précisé que "le gouvernement syrien a promis d'aider le bureau (du médiateur) à Damas pour qu'il mène à bien son travail". Ce bureau sera dirigé par le diplomate canadien Mokhtar Lamani.

"Nous allons être en contact avec les pays qui ont des intérêts et une influence sur le dossier syrien", a signalé M. Brahimi.

Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et les pays du Golfe ainsi que la Turquie réclament le départ du président Assad, alors que l'Iran, la Russie et la Chine, alliés de Damas, sont favorables à une transition politique sans exiger le départ de M. Assad.

Ce dernier a répondu en appelant à un dialogue intersyrien, selon la télévision syrienne.

"Le veritable problème en Syrie c'est de combiner l'aspect politique et le travail sur le terrain. Le travail sur l'aspect politique se poursuit, notamment par un appel à un dialogue centré sur les aspirations du peuple syrien", a-t-il dit lors de la rencontre.

Durant la rencontre entre MM. Assad et M. Brahimi, qui se rend en Syrie pour la première fois depuis qu'il a succédé à Kofi Annan début août, des bombardements étaient entendus dans la banlieue de Damas et les forces loyalistes étaient déployées dans le sud de la capitale.

M. Brahimi, mandaté par la Ligue arabe et l'ONU, devrait "améliorer" le plan de paix de son prédécesseur pour le rendre plus opérationnel, avaient indiqué vendredi des membres de l'opposition de l'intérieur, tolérée par le régime.

"Ce que les Syriens espèrent, c'est que les expériences passées ne se répètent pas et que la mission de M. Brahimi ne soit pas une copie conforme de celle" de M. Annan, commentait samedi le quotidien officiel As-Saoura dans un éditorial.

"Les expériences passées étaient teintées de positions équivoques et ambiguës (...) qui n'ont pas été bénéfiques pour la mission", poursuit le journal.

"Les Syriens ne réclament pas (de M. Brahimi NDLR) des miracles mais ils lui demandent bien sûr de la crédibilité et de l'impartialité pour qu'il ne se heurte pas aux obstacles rencontrés par son prédecesseur, et qu'il ne soit pas pris par le tapage médiatique et les calomnies", ajoute As-Saoura. "Les Syriens sont plus que jamais soucieux qu'il réussisse sa mission".

Les violences sanglantes se poursuivent dans le pays, tuant encore 125 personnes vendredi, dont 100 civils, selon un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Alep, où la bataille fait rage depuis deux mois, des hélicoptères ont attaqué un poste de police tenu par les rebelles à Hanano, dans l'est de la ville, alors que les quartiers de Sakhour, dans l'est, Soukkari (sud) et de Qadi Askar, dans le centre, étaient bombardés, a indiqué l'ONG.

rm/ram/cnp

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