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Gambie: le président Jammeh suspend les exécutions de condamnés à mort

15/09/2012 06:10 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

Le président gambien Yahya Jammeh a suspendu les exécutions de dizaines de prisonniers dans le couloir de la mort, en réponse aux "nombreux appels" en ce sens formulés en Gambie et à l'étranger, a annoncé la présidence dans un communiqué reçu samedi par l'AFP.

Le président gambien avait provoqué un tollé international, durant l'été, en annonçant sa décision de faire procéder avant la mi-septembre à l'exécution de tous les condamnés à mort dans son pays. Neuf détenus avaient été fusillés le 29 août et des dizaines d'autres détenus étaient sous la menace d'exécution imminente, dont des malades mentaux et des prisonniers politiques, selon différentes ONG.

"Le président Yahya Jammeh a décidé d'adopter un moratoire sur les exécutions suite à de nombreux appels en ce sens du conseil des anciens, des groupes de femmes aussi bien que des groupes de jeunes à travers le pays", a annoncé la présidence dans un communiqué reçu samedi par l'AFP à Dakar.

Le texte fait également référence aux "appels de l'ancien Premier ministre sénégalais Souleymene Ndene Ndiaye aussi bien que du président de la République islamique de Mauritanie (Mohamed Ould Abdel Aziz, ndlr) et la République de Côte d'Ivoire (Alassane Ouattara, ndlr) qui avaient envoyé leurs ministres des Affaires étrangères comme représentants spéciaux auprès du président Jammeh".

Le tourisme est une ressource très importante pour l'économie de la Gambie, petit pays rural enclavé dans le Sénégal.

"Il s'agit seulement d'un moratoire sur des exécutions. Si le taux de crimes violents est en baisse, le moratoire sera indéfini. S'il augmente, le moratoire sera automatiquement levé", a averti la présidence selon la télévision d'Etat GRTS.

Après l'annonce des exécutions, le régime de Banjul avait été vivement critiquée par plusieurs pays, institutions et organisations indépendantes.

La responsable de l'ONU en charge des droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, avaient estimé que ces exécutions marquaient "un recul regrettable pour la protection des droits de l'Homme" en Gambie.

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