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Brahimi reçu par Assad, estime que le conflit est une "menace pour le monde"

15/09/2012 07:48 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

Le médiateur international Lakhdar Brahimi s'est entretenu samedi avec le président Bachar al-Assad et prévenu que le conflit en Syrie est une "menace pour le monde", le chef de l'Etat syrien estimant que le succès d'un règlement politique dépend des pays qui soutiennent les rebelles.

Au cours de son entretien avec M. Brahimi, à Damas pour tenter de trouver une solution à un conflit sanglant qui entre dans son 19è mois sans issue en vue, le président Assad a appelé à un dialogue intersyrien, selon la télévision publique.

"Le véritable problème en Syrie c'est de combiner l'aspect politique et le travail sur le terrain. Le travail sur l'aspect politique se poursuit, notamment par un appel à un dialogue centré sur les aspirations du peuple syrien".

"Le succès de l'action politique dépend des pressions sur les pays qui financent, entraînent les terroristes et font entrer des armes en Syrie afin qu'ils cessent de le faire", a ajouté M. Assad faisant allusion aux insurgés.

Il a assuré que son pays "coopèrera avec tous les efforts sincères pour résoudre la crise, tant que ces efforts sont neutres et indépendants", lors de cet entretien auquel ont participé le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem et la conseillère présidentielle Boussaïna Chaabane.

Le médiateur Brahimi, qui avait jugé lundi sa mission "très difficile", a lui tiré la sonnette d'alarme: "la crise est dangereuse, elle s'aggrave et elle représente une menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde".

"Nous allons faire de notre mieux pour aller de l'avant et déployer tous nos efforts et nos possibilités pour aider le peuple syrien", a encore ajouté le nouveau médiateur aux journalistes dans un hôtel de Damas, après son entretien avec le chef d'Etat syrien.

"Nous allons être en contact avec les pays qui ont des intérêts et une influence sur le dossier syrien", a assuré M. Brahimi, indiquant qu'il serait en contact avec les membres du comité Quadripartite et "je ne pense qu'il n'y a pas d'antagonisme dans notre travail", a-t-il souligné.

Ce comité, "le groupe de contact" sur la Syrie réunit l'Egypte, l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie.

Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et les pays du Golfe ainsi que la Turquie réclament le départ du président Assad, tandis que l'Iran, la Russie et la Chine, alliés de Damas, sont favorables à une transition politique sans appeler au départ de M. Assad.

Par ailleurs, selon la télévision syrienne, l'émissaire international a assuré "qu'il allait travailler en toute indépendance en se basant sur le plan Annan et la déclaration de Genève. Tout autre point sera ajouté en accord avec toutes les parties".

La déclaration de Genève fixe des principes pour la transition en Syrie, mais sans appeler au départ du président Assad.

Arrivé jeudi à Damas, M. Brahimi a eu notamment des contacts vendredi avec des membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND, opposition de l'intérieur).

"Nous avons dit à M. Brahimi (...) notre soutien à ses efforts pour régler la crise, en faisant cesser la violence et les tueries, en assurant les soins médicaux (aux blessés) et en libérant les détenus politiques, et ce en prévision d'une étape transitoire" conformément à l'accord de Genève conclu fin juin, a indiqué à la presse Hassan Abdel Azim, porte-parole du CCCND, qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes.

"Le plan (de paix) Annan sera amélioré. Il y aura des idées et des mesures nouvelles car la crise en Syrie ne trouvera de solution que par un compromis arabe, régional et international", a-t-il affirmé à l'issue de la rencontre.

Kofi Annan n'est jamais parvenu à obtenir l'application de sa demande de cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties et qui devait s'accompagner du lancement d'un dialogue politique.

Samedi, les violences se poursuivaient, notamment dans la banlieue de la capitale alors que les forces loyalistes étaient déployées dans le sud de Damas, aux alentours de Hajar al-Aswad et du camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Alep, métropole du nord et deuxième ville du pays, où la bataille fait rage depuis deux mois, des hélicoptères ont attaqué un poste de police tenu par les rebelles à Hanano (est), alors que les quartiers de Sakhour (est), Soukkari (sud) et de Qadi Askar (centre), étaient bombardés, a indiqué l'OSDH.

Dans la province de Deraa (sud), des accrochages opposaient les rebelles aux forces gouvernementales qui tentent de reprendre la région de Lajjat, considérée comme une place forte des opposants, selon la même source.

Les violences ont fait plus de 27.000 morts en 18 mois, selon l'OSDH.

Alors que l'année scolaire débute dimanche, plus de deux mille écoles ont été détruites ou endommagées au cours du conflit et des centaines d'autres sont utilisées comme abris, selon l'Unicef.

En visite au Liban voisin, jusqu'à dimanche, le pape Benoît XVI a lancé vendredi à son arrivée un appel pour que cessent les livraisons d'armes à la Syrie. "L'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer".

bur-sw/feb

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