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Brahimi rencontre Assad, avertit que la crise est une "menace pour le monde"

15/09/2012 06:08 EDT | Actualisé 15/11/2012 05:12 EST

L'émissaire Lakhdar Brahimi, à Damas pour tenter de trouver une solution à un conflit sanglant qui entre dans son 19è mois sans issue en vue, a affirmé samedi après sa rencontre avec le président Bachar al-Assad que le conflit représentait une "menace pour le monde".

"La crise est dangereuse, elle s'aggrave et elle représente une menace pour le peuple syrien, pour la région et pour le monde", a déclaré le médiateur international aux journalistes dans un hôtel de Damas, après un entretien avec le chef d'Etat syrien.

"Nous allons faire de notre mieux pour aller de l'avant et déployer tous nos efforts et nos possibilités pour aider le peuple syrien", a encore ajouté le nouveau médiateur, en mission pour la première fois en Syrie.

Il a précisé que "le gouvernement syrien a promis d'aider le bureau (du médiateur) à Damas pour qu'il mène à bien son travail". Ce bureau sera dirigé par le diplomate canadien Mokhtar Lamani.

"Nous allons être en contact avec les pays qui ont des intérêts et une influence sur le dossier syrien", a assuré M. Brahimi.

Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et les pays du Golfe ainsi que la Turquie réclament le départ du président Assad, tandis que l'Iran, la Russie et la Chine, alliés de Damas, sont favorables à une transition politique sans appeler au départ de M. Assad.

Vendredi, M. Brahimi avait eu des contacts avec des membres du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND, opposition de l'intérieur), ainsi qu'avec l'ambassadeur russe et le chargé d'affaires chinois en Syrie.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a aussi rencontré le personnel des Nations unies sur place ainsi qu'un délégué du Comité international de la Croix-rouge (CICR).

La porte-parole de l'Unicef, Marixie Mercado, a indiqué que plus de deux mille écoles ont été détruites ou endommagées au cours du conflit et des centaines d'autres sont utilisées comme abris, alors qu'une nouvelle année scolaire commence dimanche.

La visite de M. Brahimi intervient alors que le conflit, qui a débuté par une révolte populaire le 15 mars 2011 réprimée dans le sang par le régime qui assimile les rebelles à des terroristes, entrait samedi dans son 19è mois.

Les violences ont fait plus de 27.000 morts, selon l'OSDH.

Alors qu'à Damas, la diplomatie était à l'oeuvre, sur le terrain les combats et les bombardements se poursuivaient, notamment dans la banlieue de la capitale alors que les forces loyalistes étaient déployées dans le sud de Damas, aux alentours de Hajar al-Aswad et du camp de réfugiés palestinien de Yarmouk, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Alep, métropole du nord et deuxième ville du pays, où la bataille fait rage depuis deux mois, des hélicoptères ont attaqué samedi un poste de police tenu par les rebelles à Hanano, dans l'est de la ville, alors que les quartiers de Sakhour, dans l'est, Soukkari (sud) et de Qadi Askar, dans le centre, étaient bombardés, a indiqué l'OSDH.

Dans la province de Deraa (sud), des accrochages opposaient les rebelles aux forces gouvernementales qui tentent de reprendre la région de Lajjat, considérée comme une place forte des opposants, selon la même source.

Samedi, M. Brahimi devait également avoir des entretiens avec "un groupe d'ambassadeurs arabes, une délégation de l'Union européenne et des représentants de l'opposition" syrienne.

L'émissaire s'était entretenu après son arrivée jeudi à Damas avec le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem. Il avait aussi rencontré l'ambassadeur iranien en Syrie, selon une porte-parole de l'ONU.

M. Brahimi a également rencontré vendredi des membres de l'opposition tolérée par le régime.

"Nous avons dit à M. Brahimi (...) notre soutien à ses efforts pour régler la crise, en faisant cesser la violence et les tueries, en assurant les soins médicaux (aux blessés) et en libérant les détenus politiques, et ce en prévision d'une étape transitoire" conformément à l'accord de Genève conclu fin juin, a indiqué à la presse Hassan Abdel Azim, porte-parole du CCCND, qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes.

"Le plan (de paix) Annan sera amélioré. Il y aura des idées et des mesures nouvelles car la crise en Syrie ne trouvera de solution que par un compromis arabe, régional et international", a-t-il affirmé à l'issue de la rencontre.

L'accord de Genève fixe des principes pour la transition en Syrie, mais sans appeler au départ du président Assad.

Le plan de paix de Kofi Annan était entré en vigueur le 10 avril, mais le prédécesseur de M. Brahimi n'est jamais parvenu à obtenir l'application de sa demande de cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties et qui devait s'accompagner du lancement d'un dialogue politique.

En visite au Liban voisin, jusqu'à dimanche, le pape Benoît XVI a lancé vendredi à son arrivée un appel pour que cessent les livraisons d'armes à la Syrie. "L'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer".

bur-sw/feb

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