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Afrique du Sud: descente de police autour de la mine de Marikana

15/09/2012 04:28 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

La police sud-africaine a effectué samedi une descente massive autour de la mine en grève de Marikana, perquisitionnant dans la nuit dans des foyers d'hébergement et dispersant un rassemblement en début de matinée, apprend-on de sources concordantes.

"500 policiers sont intervenus à 2h00 du matin (00h00 GMT) dans des foyers autour de Marikana où résident environ 600 mineurs. Nous avons saisi des pangas (machettes, ndlr) et toutes les armes dangereuses qu'ils ont l'habitude de porter en public", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police régionale, Thulani Ngubane, précisant qu'il y avait eu 12 arrestations depuis vendredi après-midi, dont cinq dans la nuit.

"Cinq personnes ont été arrêtées mais en relation avec des faits comme la vente de marijuana, et sept pour troubles à l'ordre public", a-t-il précisé.

M. Ngubane a ajouté que les sept arrestations pour violences publiques avaient eu lieu près du site d'Aquarius.

"Nous faisons en sorte de restaurer l'ordre et la loi à Marikana", a-t-il souligné.

Plusieurs dizaines de véhicules blindés de la police étaient sur place samedi matin, a constaté un photographe de l'AFP auquel des témoins ont raconté que tôt dans la matinée, des mineurs se sont à nouveau rassemblés sur la colline proche du site où le groupe Lonmin extraie du platine à Marikana.

La police leur a demandé de se disperser et face à leur refus, est à nouveau intervenue, arrêtant plusieurs personnes, selon des témoins, saisissant les bâtons traditionnelles avant de se diriger vers des baraquements précaires voisins hébergeant des mineurs. Ces arrestations n'ont pas été immédiatement confirmées.

Selon les témoins, la police a fait usage de grenades assourdissantes.

La télévision d'information eNCA en direct sur place, a indiqué que les policiers déployés dans la nuit sont intervenus sans ménagement, "mettant tout sens dessus-dessous", y compris dans les pièces où étaient hébergées des familles.

Au lever du jour, des hélicoptères de police quadrillaient le ciel au-dessus de la zone concernée. Après la descente dans les foyers, un important convoi de police se dirigeait vers une zone de bidonvilles hébergeant également des mineurs, a constaté le journaliste sur place.

Les images de télévision montraient des policiers formant d'énormes tas avec les bâtons traditionnels que les mineurs brandissent dans les manifestations, en chantant et dansant.

Inquiet des conséquences économiques des troubles dans le secteur minier, le gouvernement sud-africain a annoncé vendredi des mesures de maintien de l'ordre dans la région de Rustenburg (nord), où plusieurs multinatinales minières, Anglo American, Aquarius et Xstrata ont provisoirement suspendu leur activité. Chez Lonmin, où le mouvement social a débuté le 10 août, l'extraction est à l'arrêt en raison de la grève.

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