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Washington renforce sa sécurité au Proche-Orient, chasse à l'homme en Libye

14/09/2012 06:34 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Les Etats-Unis veulent renforcer la sécurité de leurs missions diplomatiques au Proche-Orient et en Afrique du Nord face aux violences antiaméricaines et à l'attaque de leur consulat en Libye, pour laquelle Washington se lance dans une chasse à l'homme.

Sous le choc de la mort de son ambassadeur à Benghazi et après quatre jours de heurts devant ses ambassades du monde arabo-musulman, la diplomatie américaine a révélé vendredi "travailler avec les gouvernements de pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pour renforcer la sécurité de toutes les missions diplomatiques et répondre efficacement aux manifestations violentes".

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait annoncé jeudi soir "des mesures supplémentaires pour protéger les ambassades, consulats et citoyens américains partout dans le monde", mais sans fournir de détails.

Les violences et menaces contre les ambassades et consulats américains au Proche-Orient et en Afrique du Nord étaient "observées avec la plus grande attention", en particulier en Tunisie, au Soudan et au Yémen, a confié un haut responsable du département d'Etat.

A Tunis, deux manifestants ont été tués par balles lors d'affrontements très violents aux abords de l'ambassade américaine. A Khartoum, deux protestataires ont trouvé la mort près de la chancellerie américaine. "Nous travaillons avec les gouvernements tunisien et soudanais pour s'assurer qu'il y ait des ressources et des moyens pour faire face à la situation dans nos missions là-bas", a dit le responsable américain.

Il a rappelé que le Pentagone avait rendu public l'envoi de Marines à Tripoli (Libye) et à Sanaa (Yémen).

Après l'attaque mardi à Benghazi, le jour du 11e anniversaire du 11-Septembre, les Etats-Unis avaient ordonné une "révision" des mesures de sécurité autour de leurs ambassades et consulats dans le monde entier.

Interrogée jeudi sur les mesures de sécurité entourant le poste de Benghazi, la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, a assuré que l'ensemble du "dispositif sécuritaire de chaque mission diplomatique avait été revu avant l'anniversaire du 11-Septembre".

"Les protocoles de sécurité sont constamment révisés et le seront toujours. On n'a jamais fini d'apprendre, surtout depuis des tragédies comme les attentats contre nos ambassades au Kenya et en Tanzanie" en 1998, a expliqué Mme Nuland.

Elle a rappelé que la sécurité à l'extérieur des bâtiments diplomatiques était de la responsabilité des "gouvernements hôtes, conformément à la Convention de Vienne". Aux Américains, la charge d'assurer leur sécurité dans l'enceinte de leurs ambassades et consulats.

Aux yeux de l'ancien ambassadeur américain au Zimbabwe, Tom McDonald, il n'y a pas lieu de critiquer le niveau de sécurité des missions américaines. Le diplomate pronostique toutefois "une sécurité resserrée pour les ambassades dans le monde, voire une fermeture d'ambassades le temps que les choses se tassent".

Au consulat de Benghazi, il ne reste plus aucun Américain et à Tripoli la présence a été réduite au minimum.

Profitant de ses bonnes relations avec la Libye de l'après-Kadhafi, Washington, notamment le Pentagone et les services de renseignement, sont lancés à la poursuite des assaillants de Benghazi, a indiqué à l'AFP un responsable du Pentagone.

Il a évoqué le recours à des armements de haute technologie, des équipements de surveillance dernier cri, voire des drones déjà utilisés en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen ou en Somalie.

Le président Barack Obama avait été très clair jeudi après l'attentat de Benghazi. "Je veux que les gens dans le monde entier m'entendent. A ceux qui nous feraient du mal: aucun acte terroriste ne restera impuni".

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