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Torture/Maroc: "aider à faire respecter l'état de droit" (rapporteur ONU)

14/09/2012 11:18 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, effectue à compter de samedi un déplacement d'une semaine au Maroc, à l'invitation du royaume, avec l'objectif "d'aider les autorités à faire respecter l'Etat de droit", selon un communiqué des Nations unies.

Selon ce texte transmis vendredi à l'AFP, M. Mendez doit notamment se rendre lundi et mardi à Laâyoune, chef-lieu du Sahara occidental annexé par le Maroc en 1975. Il tiendra une conférence de presse à Rabat le samedi suivant pour faire part de ses "observations" et "recommandations".

"Ma cause première est d'engager un dialogue avec les décisionnaires et les acteurs clés afin d'aider les autorités à faire respecter l'Etat de droit", déclare M. Mendez dans le communiqué.

Sa visite a également pour but "d'encourager la prise de responsabilité pour les abus passés ainsi que les allégations de torture et de mauvais traitements, de satisfaire au droit aux dédommagements des victimes de torture et de mauvais traitements, et d'assurer que leurs auteurs présumés soient tenus responsables conformément au droit international".

M. Mendez dit encore mettre ses travaux en relation avec "l'adoption de la nouvelle Constitution" en 2011, voulue par le roi Mohammed VI et censée renforcer les outils démocratiques du pays.

Il doit notamment s'entretenir avec les autorités politiques et judiciaires, des représentants de la société civile, des agences locales de l'ONU ainsi qu'avec des victimes et leurs familles.

Sa visite intervient alors qu'un collectif de 18 associations a exprimé sa "profonde inquiétude quant au recul" que connaît, selon eux, le Maroc "en matière de respect des droits de l'Homme".

Le collectif a notamment évoqué les militants du 20-Février --mouvement né l'année dernière dans le tumulte du Printemps arabe--, "cible de répression et de jugements inéquitables", certains ayant "subi des actes de torture et de violence".

Mercredi, un tribunal de Casablanca a condamné cinq militants du 20-Février à des peines de huit à dix mois de prison ferme pour "participation à une manifestation non autorisée". Au cours des audiences, les prévenus ont affirmé avoir été maltraités pendant leur garde à vue de 72 heures.

Les associations notent en outre des violations des droits de l'Homme dont seraient victimes, au Maroc, les immigrés illégaux, pour la plupart d'origine subsaharienne.

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