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Syrie: 18 mois de révolte et de répression sanglante

14/09/2012 11:38 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par les troupes régulières et s'est transformée en conflit armé.

En 18 mois, le conflit a fait plus de 27.000 morts, en majorité des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et qualifie de "terroristes" les opposants et combattants rebelles.

--2011--

- 15-16 mars: A Damas, rassemblements à la suite d'un appel sur Facebook pour "une Syrie sans tyrannie, sans loi sur l'état d'urgence ni tribunaux d'exception". Plusieurs manifestations contre le pouvoir sont par la suite violemment réprimées notamment à Damas et Deraa, foyer de la contestation dans le Sud. Damas dénonce une "rébellion armée de groupes salafistes".

- 30 mars: 1ère intervention publique d'Assad, qui impute la responsabilité des protestations à des "conspirateurs".

- 21 avr: Assad lève l'état d'urgence en vigueur depuis 1963. Des dizaines de morts dès le lendemain. La contestation va s'étendre et se radicaliser avec des appels à la chute du régime.

- 30 juil: Le colonel Riad al-Assaad, déserteur réfugié en Turquie, annonce la création de l'Armée syrienne libre (ASL) pour former une opposition armée.

- 18 août: Le président américain Barack Obama et ses alliés occidentaux appellent Assad à partir. Séries de sanctions internationales depuis contre le régime.

- 2 oct: Lancement du Conseil national syrien (CNS) réunissant les principaux courants de l'opposition.

--2012--

- 1er mars: L'armée prend le contrôle du quartier de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs (centre), après des semaines de siège et de bombardements.

- 21 mars: Le Conseil de sécurité soutient le plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan prévoyant notamment le retour de l'armée dans les casernes, la libération des détenus, un dialogue pouvoir/opposition et la libre circulation pour les humanitaires. Le 16 juin, les observateurs de l'ONU, déployés pour surveiller un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté, suspendent leurs opérations.

- 25 mai: Au moins 108 morts dans un massacre à Houla (province de Homs). Le 6 juin, au moins 55 morts à Al-Koubeir (Hama, centre) dans un massacre imputé par l'OSDH et l'opposition aux "chabbihas" (miliciens pro-régime).

- 3 juil: Human Rights Watch dénonce un "archipel de la torture", avec des dizaines de milliers de détenus.

- 6 juil: Défection de Manaf Tlass, haut gradé de l'armée et ami d'enfance d'Assad.

- 18 juil: Quatre hauts responsables de l'appareil de Sécurité, dont le beau-frère d'Assad, Assef Chawkat, sont tués dans un attentat à Damas.

- 19 juil: Veto russo-chinois (le 3e) à l'ONU à une résolution menaçant le régime de sanctions.

- 23 juil: A Damas, où le régime a envoyé ses unités d'élite, l'armée reprend le contrôle de la plus grande partie de la capitale, après une semaine de combats armée/rebelles d'une violence inédite. Le 30, reprise des combats.

- 28 juil: L'armée lance l'assaut sur Alep - où des affrontements ont lieu depuis le 20 juillet - bombardé et mitraillé par des hélicoptères.

- 2 août: Démission de Kofi Annan qui fustige le manque de soutien des grandes puissances.

- 6 août: L'oppposition annonce la défection du Premier ministre Riad Hijab.

- 7 sept: Damas est frappée par des attentats aux véhicules piégés. Les attentats se sont multipliés ces dernières semaines dans la capitale, malgré les mesures de sécurité du régime.

- 14 sept: Manifestations hostiles au régime dans le pays, violents combats à Damas et Alep. Le nouvel émissaire international Lakhdar Brahimi, arrivé la veille à Damas, doit rencontrer des membres de l'opposition tolérée par le régime avant un entretien avec Assad.

acm/bc/vl

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