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Plusieurs écoles britanniques disposent de caméras dans leurs toilettes

14/09/2012 12:20 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

LONDRES - À l'école secondaire King Ecgbert à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre, les élèves ne sont jamais vraiment seuls, même aux toilettes. Des caméras les filment en permanence et toutes les installations sanitaires de l'établissement sont placées sous vidéosurveillance.

Selon un rapport de Big Brother Watch, un mouvement de défense de la vie privée, plus de 200 écoles secondaires du Royaume-Uni ont installé des caméras dans leurs toilettes, mais aussi dans leurs vestiaires.

Ce document va causer un choc à beaucoup de parents, a affirmé Nick Pickles, directeur de Big Brother Watch, qui croit que les établissements devraient dire la vérité sur les raisons derrière cette vidéosurveillance et sur ce que deviennent ces vidéos.

Pour la directrice de King Ecgbert, Lesley Bowes, les caméras sont là pour assurer la sécurité des jeunes et constituent un outil pour lutter contre les agressions entre élèves. Elle a précisé que seules les portes des toilettes étaient filmées.

La Grande-Bretagne a mis en place des systèmes de vidéosurveillance dans les villes, les gares et les trains. Mais même dans un pays plutôt en faveur de cette pratique, la surveillance dans les écoles secondaires fait figure d'exception.

Big Brother Watch estime que les élèves et le personnel des établissements scolaires britanniques sont ainsi filmés par plus de 100 000 caméras et 90 pour cent des écoles reconnaissent recourir à une forme de vidéosurveillance.

La vidéosurveillance des lieux jugés «intimes» inquiète particulièrement les activistes puisque la présence de caméras n'est pas toujours spécifiée, qu'on ne sait pas qui regarde ces vidéos et que le risque de surprendre les jeunes en train de se déshabiller ou nus est élevé.

«Les images ne sont regardées que si un incident est signalé. Elles sont effacées après un délai de 30 jours», a assuré M.L. Litton, directeur de l'école secondaire de Wildern, dans le sud de l'Angleterre, dont les 12 toilettes sont toutes équipées de caméras.

«Tout le monde savait pour les caméras dans les toilettes», a pour sa part raconté Jess Hogg, diplômée il y a un an de King Ecgbert, dans un échange de messages sur Facebook. «Personnellement, ça me rendait un peu mal à l'aise, mais je me sentais en sécurité en même temps.»

La commission de l'Information, une autorité indépendante en Grande-Bretagne qui a pour rôle notamment de protéger la vie privée, rappelle que filmer des toilettes ou des vestiaires est légal, mais qu'il est recommandé de ne le faire que dans des circonstances exceptionnelles.

Par comparaison, aux États-Unis, le département de la Justice estime que l'utilisation de caméras dans les écoles n'est pas autorisée dans les lieux où l'on peut «raisonnablement s'attendre à de l'intimité», comme les toilettes et les vestiaires.

Même si les agressions au couteau représentent un vrai problème dans les villes britanniques, le pays n'est pas confronté au port d'armes à feu dans les écoles, contrairement à ce qui se passe aux États-Unis. Les établissements américains ont ainsi dû s'équiper de détecteurs de métaux et autres systèmes de sécurité semblables à ceux des aéroports.

L'école King Ecgbert affiche de bons résultats, son site Internet montre des salles de classe modernes et équipées de matériel dernier cri. Quant à l'école Wildern, spécialisée dans les arts, elle se situe dans un quartier résidentiel de banlieue où s'alignent de belles maisons de briques, avec souvent plusieurs voitures dans l'allée.

Les deux établissements ont reconnu que les caméras étaient plutôt destinées à repérer des «comportements typiques des adolescents», comme le fait de fumer, et non pas à régler des problèmes graves.

M. Pickles ne se dit pas nécessairement contre la présence de caméras dans les toilettes mais il pense que les parents et les élèves doivent s'entendre pour mettre en place une autorité de contrôle du respect de la vie privée, afin de s'assurer que la surveillance ne viole par l'intimité des jeunes. La directrice de King Ecgbert, elle, affirme n'avoir reçu aucune plainte.

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