BEYROUTH - Le pape Benoît XVI est arrivé au Liban vendredi, porteur d'un message de paix pour le Proche et le Moyen-Orient, alors que la région est secouée par la guerre civile en Syrie ainsi que des manifestations contre un film islamophobe. Ces dernières ont fait un mort et 25 blessés au Liban le jour même.

Le souverain pontife a déclaré aux journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion pour cette visite de trois jours que la livraison d'armes à la Syrie constituait «un grave péché». Il a également dénoncé le fondamentalisme religieux, une falsification de la religion selon lui.

Avec près de 40 pour cent de chrétiens, des catholiques maronites pour la plupart, sur une population de quatre millions d'habitants, le Liban est le pays de la région abritant en proportion la plus importante communauté chrétienne.

Lors de la cérémonie de bienvenue à l'aéroport de Beyrouth, en présence notamment d'évêques et du président libanais Michel Sleimane, le pape a déclaré en français qu'il venait au Liban comme un pèlerin de paix et au Moyen-Orient comme un ami de Dieu et des hommes, sans toutefois citer la Syrie.

Il a dit ne pas avoir oublié les événements tristes et douloureux qui ont affligé le Liban pendant de longues années, faisant référence à la guerre civile qui a déchiré les communautés religieuses et ethniques du pays du Cèdre de 1975 à 1990 et fait quelque 150 000 morts.

Benoît XVI a ajouté que le fameux équilibre libanais pouvait se prolonger grâce à la bonne volonté et à l'engagement de tous les Libanais, ce qui lui permettra de servir de modèle aux résidants de toute la région et au monde entier.

«Vous savez comme moi que cet équilibre, qui est présenté partout comme un exemple, est extrêmement délicat. Il menace très souvent de se rompre quand il est tendu comme un arc», a-t-il insisté. «C'est là qu'il faut faire preuve de réelle modération et de grande sagesse. La raison doit prévaloir sur la passion unilatérale pour favoriser le bien de tous.»

«Il ne s'agit pas uniquement d'une oeuvre humaine mais d'un don de Dieu qu'il faut inventer avec insistance, préserver à tout prix et consolider avec détermination», a encore martelé le pape.

Mais ce message de paix n'a pas été entendu par la foule en colère qui a incendié deux établissements de restauration rapide américains à Tripoli, dans le nord du Liban, peu après pour protester contre un film islamophobe réalisé aux États-Unis. Un émeutier a été tué par la police et 25 personnes, dont 18 membres des forces de l'ordre, ont été blessées.

Les autorités libanaises ont déployé un important dispositif de sécurité pour la venue du souverain pontife, suspendant les permis de port d'arme, sauf pour les gardes du corps de personnalités politiques, et limitant la visite au centre du Liban ainsi qu'aux secteurs chrétiens du nord du pays. À 85 ans, Benoît XVI est le troisième pape à se rendre au Liban après Paul VI en 1964 et Jean Paul II en 1997.

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  • Plus que la papamobile, l'accessoire indispensable du pape, c'est le chapeau

  • Un style chapeauté auquel il n'a de cesse de convertir son entourage

  • Le problème, c'est qu'ils ne tiennent pas.

  • Du coup, mieux vaut garder une main dessus en permanence.

    Ici la traditionnelle calotte rouge, appelée beretta

  • Avant le sombrero mexicain, qui a tant fait parler, en noir...

  • ... ou en blanc...

  • Benoit XVI avait déjà adopté le chapeau des chasseurs alpins italiens...

  • et celui de la Guardia civil espagnole.

  • Plus classique, "le Saturne" rouge, coiffe historique

  • Sans oublier son chapeau de père Noël

  • Et il ne dit jamais non à un truc en plumes

  • Sourcilleux, Benoit XVI, n'aime pas qu'on lui vole la vedette

  • Ce n'est pas une raison pour voler celui des enfants.