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Ouganda: des associations condament l'arrestation du producteur anglais

14/09/2012 05:51 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Des organisations de défense des droits de l'Homme ougandaises ont condamné vendredi l'arrestation d'un producteur de théâtre britannique qui avait continué à faire jouer une pièce évoquant l'homosexualité malgré son interdiction temporaire.

Le producteur David Cecil a été accusé jeudi d'avoir "désobéi à des ordres légitimes" et envoyé en prison jusqu'à sa comparution la semaine prochaine. Il risque deux ans de prison s'il est reconnu coupable, a indiqué son avocat.

"Ces agissements sont contraires (...) aux articles constitutionnels concernant la liberté d'expression", a déclaré Clare Byarugaba, coordinateur du groupe de défense des homosexuels (Ugandan Civil Society Coalition on Human Rights and Constitutional Law).

"Ces charges sont infondées et ne servent qu'à encourager une campagne contre les homosexuels de la part de l'Etat ougandais", a-t-elle ajouté.

Les autorités indiquent que d'autres personnes pourraient être poursuivies si la pièce était encore jouée.

L'autorité de supervision des médias avait frappé la pièce d'une interdiction temporaire, expliquant devoir en étudier le scénario.

Cette pièce, intitulée "La Rivière et la montagne" et écrite par un auteur britannique, Beau Hopkins, spécialement pour une troupe ougandaise, traite du destin tragique d'un homme qui avoue son homosexualité.

Mise en scène par une Ougandaise et jouée par des acteurs ougandais dans plusieurs salles de Kampala en août, elle étudie en toile de fond les motivations d'une récente campagne anti-homosexuels dans le pays, alimentée par un projet de renforcement de la très sévère législation locale contre l'homosexualité.

Celle-ci rend déjà les relations homosexuelles passibles de la prison à perpétuité, mais un récent projet de loi prévoit notamment de sanctionner de la peine capitale quiconque est déclaré coupable d'actes homosexuels en récidive, en étant séropositif ou avec un mineur.

Ceux qui discuteront en public d'homosexualité - y compris les membres d'associations de défense des homosexuels - encourront eux sept ans de prison.

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