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L'AJLNH tente de faire obstacle à l'imposition d'un lock-out au Québec

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MONTRÉAL - La Commission des relations de travail du Québec a refusé la demande d'ordonnance provisoire contre un éventuel lock-out dans la LNH, vendredi soir, mais a tenu à y mettre un bémol.

La commission a nuancé sa décision en indiquant que d'autres audiences étaient nécessaires afin de prendre une décision finale dans la requête déposée par 16 joueurs du Canadien de Montréal et l'Association des joueurs de la LNH afin de déclarer le lock-out illégal au Québec.

On ignore pour l'instant la date des prochaines audiences dans ce dossier.

«Nous sommes satisfaits de la décision rendue par la commission ce soir (vendredi), a dit Don Zavelo, le conseiller en chef de l'Association des joueurs par voie de communiqué. Si la commission a refusé la requête d'aide d'urgence des joueurs, elle a aussi rejeté la requête de la LNH d'invalider le processus. Le jugement reconnaît que les joueurs ont soulevé des points litigieux à propos du lock-out planifié par la LNH et qu'ils devront être entendus lors d'une audience en bonne et due forme.

«Nous demeurons confiants que le lock-out sera évité en vertu du Code du travail du Québec et avons hâte de présenter notre dossier à la Commission des relations de travail dans un avenir rapproché. Si la LNH décide d'aller de l'avant avec sa décision de mettre les joueurs du Québec en lock-out, ce sera à ses propres risques et périls.»

Le son de cloche n'est pas le même du côté de la ligue, qui pourrait mettre les joueurs du Canadien en lock-out avec leurs collègues des 29 autres concessions de la LNH si un arrêt de travail est décrété à 23h59 samedi soir.

Le commissaire adjoint de la LNH Bill Daly a déclaré que la décision de la commission était une victoire pour la ligue.

«Nous sommes satisfaits, mais pas surpris de la décision de la Commission des relations de travail du Québec de reconnaître qu'un lock-out soit applicable à toutes les équipes de la ligue, dont celle du Québec», a dit Daly par voie de communiqué. «Et nous sommes extrêmement reconnaissants de la rapidité et de la façon tranchante dont le dossier a été traité.

«Nous espérons que ce jugement forcera l'association des joueurs à cesser d'explorer ces distractions inutiles pour plutôt concentrer son énergie et ses efforts sur la réalisation de progrès à la table des négociations.»

Une demande semblable a été déposée par les Flames de Calgary et les Oilers d'Edmonton jeudi à la Commission des relations de travail de l'Alberta. Une audience est prévue le 21 septembre, soit la journée même de l'ouverture présumée des camps d'entraînement dans la LNH.

La directrice des opérations de l'AJLNH, Alexandra Dagg, a déclaré que l'objectif était d'empêcher les joueurs du Canadien, des Oilerset des Flamesde se retrouver en lock-out.

«Si nous évitons un lock-out au Québec et en Alberta, nous pourrions avoir une finale toute canadienne», a ajouté Dagg avec un sourire.

L'avocat des joueurs Michael Cohen a présenté les arguments des joueurs, vendredi matin. Les avocats du Canadien et de la LNH doivent y répliquer en après-midi.

Les joueurs espèrent être autorisés à participer au camp d'entraînement et à disputer des matchs. Ils demanderont également à être payés.

«Mais ce n'est pas la question, a ajouté Dagg. Nous ne voulons pas d'un lock-out.»

L'AJLNH a soutenu que comme elle n'est pas accréditée comme un syndicat dans la province, ses membres ne peuvent pas être mis en lock-out selon le droit du travail au Québec.

En Alberta, ils soutiennent que la procédure appropriée n'a pas été suivie, dont l'intervention d'un médiateur.

Peu d'enthousiasme

Aucun joueur n'a assisté à l'audience à Montréal et aucune date n'a été fixée pour celle en Alberta.

L'initiative suscite peu d'intérêt chez les joueurs du Tricolore, qui étaient plus d'une douzaine à s'entraîner à Brossard au moment où on entendait la requête.

«Nous, nous voulons qu'il y ait une saison de hockey, a commenté le capitaine Brian Gionta, en quittant le Complexe sportif Bell. Nous ne souhaitons pas être confinés à venir ici et à nous entraîner, advenant un lock-out, parce que c'est essentiellement ce que la loi du Québec notre permettrait de faire. Ce serait le meilleur des pires scénarios, pourrait-on dire.»

Le défenseur Josh Gorges n'a pas caché que la démarche vise davantage à augmenter la pression sur tous les propriétaires afin de les inciter à conclure une entente au plus tôt.

«Ce n'est pas tant pour permettre aux joueurs du Canadien de poursuivre leurs activités, ce n'est pas l'objectif principal, a expliqué Gorges. Nous agissons de la sorte au nom de la collectivité, de toutes les équipes, en souhaitant que ça fasse débloquer les choses et que tout le monde à travers la ligue puisse reprendre ses activités.»

L'attaquant Erik Cole a souligné qu'un des aspects positifs d'un jugement favorable à la requête, c'est que le groupe pourrait s'entraîner ensemble, en profitant des installations ultra-modernes de l'équipe à Brossard.

«D'une façon ou l'autre, je ne sais pas quelle tournure peut prendre ce dossier», a-t-il résumé.

Pendant ce temps à New York, la LNH et le syndicat ont dit qu'ils ont été en contact, mais aucune nouvelle session de négociations n'est prévue avant la date limite de samedi.

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