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L'émissaire Brahimi rencontre l'opposition à Damas, bombardements à Alep

14/09/2012 05:47 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Le nouvel émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi doit rencontrer vendredi à Damas des membres de l'opposition tolérée par le régime, à la veille d'un rendez-vous avec le président Bachar al-Assad inflexible après 18 mois de conflit sanglant.

Sur le terrain, où les violences ont encore fait 125 morts jeudi, l'armée pilonnait des positions rebelles à Alep, théâtre d'une bataille jugée stratégique pour l'issue du conflit.

M. Brahimi, qui a débuté jeudi sa première visite en Syrie, doit s'entretenir dans l'après-midi avec une délégation du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), qui regroupe des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes.

"Nous coopérerons avec (M. Brahimi) car la violence a atteint des niveaux (inouïs) et le peuple syrien souffre des tueries, des destructions et de l'exil", a déclaré Hassan Abdel Azim, porte-parole du CCND, toléré par le régime.

A son arrivée à Damas, M. Brahimi, qui doit rencontrer M. Assad samedi, avait estimé que la crise syrienne "s'aggrave", selon des propos rapportés par l'agence officielle Sana.

Lors d'un entretien avec le chef de la diplomatie Walid Mouallem, jeudi soir, l'émissaire, qui a succédé le 1er septembre à Kofi Annan, démissionnaire, a souligné qu'il "n'épargnera aucun effort pour trouver une solution".

M. Mouallem l'a assuré de son côté de "la pleine coopération de la Syrie pour faire aboutir sa mission", selon Sana.

Le ministre a jugé que toute initiative pour régler la crise devait tenir compte de "l'intérêt du peuple syrien et de sa décision libre loin de toute intervention étrangère".

Pour M. Mouallem, "malgré la difficulté, le succès de la mission de M. Brahimi dépend du sérieux de certains pays qui lui ont conféré son mandat, et de leur volonté d'empêcher d'autres pays qui abritent et arment les terroristes de le faire".

Le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation qui secoue la Syrie depuis mars 2011 et qualifie de "terroristes" les opposants et militants.

A Alep (nord), théâtre de combats incessants depuis huit semaines, les rebelles continuaient d'opposer une forte résistance à l'armée, malgré les bombardements de leurs bastions.

L'aviation du régime a pilonné à l'aube deux postes de police dont les rebelles avaient pris le contrôle jeudi dans le quartier de Midane, dans le centre d'Alep, ont rapporté à l'AFP des habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ce quartier est considéré comme stratégique car il ouvre l'accès à la principale place de la deuxième ville syrienne.

"Les troupes du régime sont fortement déployées à Midane et se préparent pour en déloger les rebelles", a déclaré le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, précisant qu'elles avaient également détruit un poste de police tenu par les rebelles à Hanano, dans le nord-est de la métropole.

Dans la province d'Alep, les insurgés ont attaqué une nouvelle fois l'aéroport Menagh, principale base aérienne de la région, selon l'OSDH.

A Damas, où M. Brahimi mène ses entretiens, trois importantes déflagrations ont été entendues dans la matinée, selon des habitants, qui ont précisé que des hélicoptères survolaient la capitale.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé vendredi que le régime de Bachar al-Assad s'approchait de sa "fin inévitable". "Nous devons dire non à ce drame, ne pas permettre aux flammes de s'emparer de la région entière", a-t-il martelé.

Il a souligné que le régime syrien était "dictatorial" et affirmé que "l'unique objectif (de la communauté internationale) est de faire en sorte que la Syrie devienne démocratique, dans le respect de son intégrité territoriale".

La veille, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague avait aussi jugé que le régime Assad était "condamné".

Alors que les rebelles ont réclamé à plusieurs reprises à la communauté internationale des armes, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a affirmé que "la France ne fournit pas et ne fournira pas d'armes à l'opposition syrienne".

Il a également jugé irréaliste la création de "zones d'exclusion aérienne" sur tout ou partie de la Syrie, comme le réclament des opposants syriens.

Depuis mars 2011, le conflit a fait plus de 27.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

bur-cco/cnp

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