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Les Frères musulmans ne veulent plus manifester dans toute l'Egypte

14/09/2012 07:50 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Les Frères musulmans égyptiens ont retiré leur appel à manifester vendredi à travers tout le pays contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, affirmant qu'ils n'organiseraient qu'un rassemblement "symbolique" au Caire.

"Quand nous avons appelé (mercredi) à des manifestations dans tout le pays devant les mosquées, le but était d'exprimer la colère de tous les Egyptiens", a déclaré le secrétaire général du plus puissant mouvement politique d'Egypte, Mahmoud Hussein.

"Mais à la lumière des événements des deux derniers jours, la confrérie a décidé de participer à une manifestation symbolique place Tahrir uniquement, afin qu'il n'y ait pas de destructions de biens, de blessés ou de morts comme cela est arrivé dans le passé", a-t-il ajouté dans un communiqué.

La place Tahrir fut l'épicentre des manifestations du début 2011 qui ont abouti à la chute du régime de Hosni Moubarak et reste le site de prédilection des rassemblements politiques.

Elle se situe à proximité de l'ambassade américaine, aux abords de laquelle des heurts se poursuivaient vendredi entre des groupes de jeunes manifestants hostiles au film et les forces de l'ordre.

Les manifestations contre l'ambassade ont débuté mardi avec plusieurs milliers de personnes. Un groupe était alors parvenu à enlever le drapeau américain pour le remplacer par un étendard islamiste.

Elles se sont poursuivies avec des rassemblements plus petits mais plus violents, affrontant de manière sporadique les forces de l'ordre qui bouclent le secteur.

En visite officielle à Rome, le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a jugé que le film constituait une "agression" qui "détourne l'attention des vrais problèmes au Proche-Orient", tout en condamnant à nouveau "avec la plus grande détermination" les violences qu'il a entraînées dans la région.

Le "numéro 2" de la confrérie islamiste, Khairat al-Chater, a pour sa part déclaré dans un courrier au New York Times que les Etats-Unis et les citoyens américains ne pouvaient être tenus pour responsables de ce film.

M. Chater a estimé que les Egyptiens avaient le droit de manifester leur colère contre ce film diffusé sur internet mais que l'attaque contre l'ambassade américaine au Caire était "illégale".

jaz-cr/sbh

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