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Le pape entame sa visite au Liban sur fond de violence

14/09/2012 07:22 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

BEYROUTH (Sipa) Le pape Benoît XVI est arrivé au Liban vendredi, porteur d'un message de paix pour le Proche et le Moyen-Orient, alors que la région est secouée par la guerre civile en Syrie ainsi que des manifestations contre un film islamophobe. Elles ont fait un mort et 25 blessés au Liban le jour même.

Le souverain pontife a déclaré aux journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion pour cette visite de trois jours que la livraison d'armes à la Syrie constituait "un grave pêché". Il a également dénoncé le fondamentalisme religieux, une falsification de la religion selon lui.

Avec près de 40% de chrétiens, des catholiques maronites pour la plupart, sur une population de quatre millions d'habitants, le Liban est le pays de la région abritant en proportion la plus importante communauté chrétienne.

"Je viens au Liban comme un pèlerin de paix, et dans le Moyen-Orient comme un ami de Dieu et comme un ami des hommes", a déclaré le pape en français, sans citer la Syrie, lors de la cérémonie de bienvenue à l'aéroport de Beyrouth, en présence notamment d'évêques et du président Michel Sleimane.

"Je n'oublie pas les événements tristes et douloureux qui ont affligé votre pays pendant toutes ces années", a souligné Benoît XVI, faisant référence à la guerre civile qui a déchiré les communautés religieuses et ethniques du pays du Cèdre de 1975 à 1990, faisant quelque 150.000 morts.

"Le fameux équilibre libanais qui continue à être une réalité peut se prolonger grâce à la bonne volonté, à l'engagement de tous les Libanais. Alors seulement il servira de modèle aux habitants de toute la région et au monde entier", a ajouté le pape.

"Vous savez comme moi que cet équilibre qui est présenté partout comme un exemple est extrêmement délicat. Il menace très souvent de se rompre quand il est tendu comme un arc", a-t-il insisté, "c'est là qu'il faut faire preuve de réelle modération et de grande sagesse. La raison doit prévaloir sur la passion unilatérale pour favoriser le bien de tous".

"Il ne s'agit pas uniquement d'une oeuvre humaine mais d'un don de Dieu qu'il faut inventer avec insistance, préserver à tout prix et consolider avec détermination", a encore martelé le pape.

Mais ce message de paix n'a pas été entendu par la foule en colère qui a incendié deux fast-foods américains à Tripoli (nord) peu après pour protester contre un film islamophobe réalisé aux Etats-Unis. Un émeutier a été tué par la police et 25 personnes, dont 18 membres des forces de l'ordre, ont été blessés.

Les autorités libanaises ont déployé un important dispositif de sécurité pour la venue du pape, suspendant les permis de port d'arme, sauf pour les gardes du corps de personnalités politiques, et limitant la visite au centre du Liban ainsi qu'aux secteurs chrétiens du nord du pays. A 85 ans, Benoît XVI est le troisième souverain pontife à se rendre au Liban après Paul VI en 1964 et Jean Paul II en 1997.

Les manifestations contre le film islamophobe "Innocence of Muslims" ("innocence des musulmans") se sont multipliées devant les représentations diplomatiques occidentales et surtout américaines après la grande prière du vendredi. Mardi, l'attaque du consulat des Etats-Unis à Benghazi, dans l'est de la Libye, s'est soldée par la mort de quatre Américains, dont l'ambassadeur. Les autorités américaines explorent notamment la piste d'une action terroriste planifiée pour coïncider avec l'anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

st-af/AP-v

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