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Le pape contre le fondamentalisme et la livraison d'armes à la Syrie

14/09/2012 08:15 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Le pape Benoît XVI, arrivé vendredi à Beyrouth pour une visite de trois jours, s'est prononcé contre le fondamentalisme et a lancé un appel en faveur de la tolérance.

Il s'est également prononcé contre la livraison d'armes à la Syrie voisine où le sang coule depuis mars 2011.

Deux jours après les incidents sanglants qui ont lieu en Libye et les manifestations violentes notamment en Egypte et au Yemen pour protester contre la diffusion d'un film anti-islamique produit aux Etats-unis, le pape a critiqué le fondamentalisme, estimant qu'il s'agissait d'une "falsification de la religion".

"Le fondamentalisme est toujours une falsification de la religion. La tâche de l'Eglise et des religions est de se purifier. Cette tâche doit rendre clair que chaque homme est une image de Dieu que nous devons respecter dans l'autre", a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient dans son avion entre Rome et Beyrouth.

Pour lui, "le message fondamental de la religion doit être contre la violence qui est une falsification, tout comme le fondamentalisme".

Il a par ailleurs confié, qu'en dépit de la montée des périls dans la région, n'avoir jamais envisagé de renoncer à ce voyage dans le seul pays arabe dont le président est chrétien et qui est à ses yeux un modèle de coexistence.

Pour le souverain pontife, "l'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer", en Syrie où un conflit armé, opposant le régime à ses opposants, a causé la mort de plus de 27.000 personnes.

"Au lieu d'importer des armes, ce qui est un péché grave, il conviendrait d'importer des idées de paix, de créativité, d'amour du prochain", a-t-il expliqué aux correspondants qui l'accompagnaient de Rome à Beyrouth.

"Il faut demander aux hommes politiques de s'engager réellement avec toute leur force (...) avec créativité, pour la paix, contre la violence", a-t-il ajouté.

Face à l'imposant arsenal des forces loyalistes syriennes, venant notamment de Russie, les rebelles ont réclamé aux pays occidentaux de leur fournir des armes pour affronter le régime qu'ils entendent renverser.

Il a émis un jugement positif sur le Printemps arabe qui a conduit au renversement de régimes dictatoriaux en Tunisie, en Egypte et au Yémen, a condition que ce mouvement soit accompagné de tolérance.

"Le Printemps arabe est une chose positive, un désir de davantage de démocratie, de liberté, de coopération, d'une identité arabe rénovée", a-t-il dit aux journalistes.

"Ce cri de liberté, qui vient d'une jeunesse plus favorisée culturellement, professionnellement, qui désire participer à la vie politique et sociale est une promesse, une chose très positive. Et elle a été saluée précisément par nous chrétiens", a-t-il expliqué.

"Mais, a ajouté le souverain pontife, nous savons que le cri de la liberté si important, si positif, court le risque d'oublier un aspect fondamental de la liberté, la tolérance envers l'autre. Nous devons tout faire pour que le concept de liberté aille dans la direction juste".

Pour lui, "la dignité arabe rénovée implique le renouvellement du +vivre ensemble+, la tolérance de la majorité et de la minorité. La liberté doit correspondre à un dialogue plus grand, pas à la domination des uns par les autres".

Il a à ce propos vanté la coexistence entre les différentes communautés religieuses libanaises, la qualifiant d'"exemple" pour l'ensemble du Moyen-Orient.

"L'heureuse convivialité, toute libanaise, doit démontrer à l'ensemble du Moyen-Orient et au reste du monde qu'à l'intérieur d'une nation, peuvent exister la collaboration entre les différentes Eglises (...) et dans le même temps, la convivialité et le dialogue religieux entre les chrétiens et leurs frères d'autres religions", a affirmé le souverain pontife lors d'un discours à son arrivée à l'aéroport de Beyrouth

Le pape Benoît XVI, a confié n'avoir jamais envisagé de renoncer à ce voyage en raison de la violence qui secoue la Syrie voisine.

"Personne ne m'a conseillé de renoncer à ce voyage, et pour ma part je n'ai pas pensé à cette hypothèse", a-t-il dit, bien au contraire.

"Comme la situation devient plus compliquée, il est encore plus nécessaire de donner ce signe de fraternité, d'encouragement, de solidarité. C'est le sens de mon voyage: inviter au dialogue contre la violence, aller ensemble pour trouver une solution au problème", a-t-il dit.

jlv/sk/sw

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