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Le pape appelle juifs, musulmans, chrétiens à "éradiquer" le fondamentalisme

14/09/2012 12:03 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Le pape Benoît XVI a appelé juifs, chrétiens et musulmans du Moyen-Orient à "éradiquer le fondamentalisme religieux", qu'il a qualifié de menace "mortelle", au moment où la région est secouée par des manifestations parfois meurtrières contre un film islamophobe.

Dans l'Exhortation apostolique --ensemble de directives aux évêques d'Orient-- qu'il a signée vendredi soir à Saint-Paul de Harissa, près de Beyrouth, première étape de son voyage au Liban, Benoît XVI affirme que ce fondamentalisme "afflige toutes les communautés religieuses et refuse le vivre-ensemble séculaire" qui a caractérisé des pays comme le Liban.

Le fondamentalisme "veut prendre le pouvoir, parfois avec violence, sur la conscience de chacun et sur la religion pour des raisons politiques", a mis en garde le pape, sans pointer le doigt uniquement sur l'intégrisme islamiste.

"Je lance un appel pressant à tous les responsables religieux juifs, chrétiens et musulmans de la région, afin qu'ils cherchent par leur exemple et leur enseignement à tout mettre en oeuvre pour éradiquer cette menace qui touche indistinctement et mortellement les croyants de toutes les religions".

"Utiliser les paroles révélées, les Ecritures saintes ou le nom de Dieu, pour justifier nos intérêts, nos politiques si facilement accommodantes, ou nos violences, est une faute très grave", a-t-il ajouté.

Selon le pape, "les incertitudes économico-politiques, l'habilité manipulatrice de certains et une compréhension déficiente de la religion entre autres, font le lit du fondamentalisme religieux".

Des manifestations violentes ont éclaté à travers le Moyen-Orient, y compris à Tripoli, dans le nord du Liban, contre le film "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), dont des extraits sont diffusés sur internet dénigrant l'islam.

L'Exhortation apostolique "Eglise au Moyen-Orient" est signée près de deux ans après le synode des évêques du Moyen-Orient qui s'était tenu au Vatican à l'automne 2010, juste avant le "Printemps arabe".

Ce document insiste sur la présence ancestrale des chrétiens comme "partie intégrante" du Moyen-Orient, une "laïcité saine", le refus de la violence, la volonté de lutter contre "les stratégies tendant à un Moyen-Orient monochrome", la "gestion transparente" des finances des Eglises, l'accueil des réfugiés chrétiens et des immigrés.

jlv/sk/feb

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