NOUVELLES

Le gouvernement japonais veut abandonner le nucléaire d'ici 2030

14/09/2012 04:27 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

TOKYO - Un an et demi après l'accident à la centrale de Fukushima, une commission du gouvernement japonais a appelé vendredi à l'arrêt progressif de la production nucléaire dans le pays d'ici 2030.

Le gouvernement devrait donner ultérieurement son feu vert officiel à cette mesure, tournant majeur dans la politique énergétique du pays. D'après la presse japonaise, le cabinet a déjà avalisé le nouveau plan d'orientation énergétique.

Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l'accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en fonctionnement.

Jusqu'à la remise en service de deux unités en juillet à Ohi, dans l'ouest du pays, tous étaient à l'arrêt pour contrôles de sécurité et entretien programmé ou mis hors service par le tsunami, comme à Fukushima. Avant la catastrophe, le nucléaire représentait environ 30 pour cent de la production d'électricité au Japon, une proportion que Tokyo avait envisagé de porter à 50 pour cent.

Mais après le grave accident de Fukushima, dont il a tiré des leçons, le gouvernement japonais a décidé de redéfinir sa stratégie énergétique nationale et d'instaurer toutes les mesures possibles pour parvenir d'ici 2030 à une société sans nucléaire, peut-on lire dans le plan d'orientation.

Pour parvenir à cet objectif, aucune centrale nucléaire ne sera désormais construite et les réacteurs existants seront mis à la retraite après 40 ans d'activité. Ceux qui sont actuellement arrêtés, par ailleurs, ne seront remis en service qu'après de stricts tests de sécurité menés par une nouvelle instance de régulation. Jusqu'à l'arrêt complet de la production nucléaire au Japon, le pays aura seulement recours à des unités dont la sécurité est confirmée, précise le plan.

Arrêter la production d'énergie nucléaire n'est pas facile, relève la commission gouvernementale, en prévoyant ses conséquences sur la croissance, qui ne devrait pas dépasser annuellement 0,8 pour cent dans ce scénario de sortie progressive. Le Japon a dû importer massivement des hydrocarbures pour faire tourner les centrales thermiques et compenser l'arrêt des réacteurs, entraînant un déficit de la balance commerciale.

Des responsables du gouvernement japonais reconnaissent que plusieurs questions restent en suspens, comme la gestion des déchets nucléaires, le coût des énergies renouvelables et l'impact sur l'environnement d'un recours accru aux énergies fossiles.

Les manifestations contre le nucléaire se sont multipliées au Japon depuis mars 2011. La mobilisation s'est amplifiée après la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs à Ohi, en dépit des craintes de la population. Près de 200 000 personnes se sont ainsi rassemblées en signe de protestation le 16 juillet à Yoyogi, l'un des principaux parcs de Tokyo. Le chef du gouvernement, Yoshihiko Noda, a invoqué les risques de pénurie d'électricité durant l'été et ses répercussions sur l'économie et la vie de la population.

Avant le Japon, le gouvernement allemand avait annoncé en mai 2011 sa décision de sortir du nucléaire d'ici 2022. La Suisse a également décidé de fermer progressivement ses réacteurs au terme de leur durée de fonctionnement moyenne de 50 ans, ce qui porterait à 2034 l'arrêt de la dernière centrale. L'Italie avait pour sa part décidé de stopper la production d'énergie nucléaire après la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

PLUS:pc