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Le Canada ne s'oppose plus à qualifier l'amiante de produit dangereux

14/09/2012 04:45 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Dernier pays développé à défendre son utilisation, le Canada a annoncé vendredi qu'il "ne s'opposerait plus" à l'inscription de l'amiante chrysotile sur une liste de substances dangereuses de la convention de Rotterdam, un accord de l'ONU.

Le ministre fédéral de l'Industrie, Christian Paradis, un élu du Québec qui représente la principale région productrice d'amiante du pays, a indiqué que le Canada ne s'opposerait plus "à l'inclusion du chrysotile à l'annexe III de la convention de Rotterdam", qui soumet les exportateurs à certaines exigences.

M. Paradis a justifié cette volte-face par le fait que les indépendantistes du Parti québécois (PQ), qui viennent d'être élus au Québec, ont promis d'annuler un prêt de 58 millions de dollars consenti par le gouvernement provincial sortant à des promoteurs souhaitant relancer une mine d'amiante fermée.

Le PQ envisagerait également d'interdire totalement l'exploitation de l'amiante dans la province.

"Mme Pauline Marois, la Première ministre élue du Québec, a indiqué clairement son intention d'interdire l'exploitation du chrysotile au Québec", a déclaré à la presse M. Paradis.

"Evidemment cette décision aura un impact négatif", a estimé le ministre, en promettant une aide de 50 millions de dollars pour la diversification économique de la région qu'il représente.

"La décision de Mme Marois a (...) comme conséquence que dorénavant le Canada ne s'opposera plus à l'inclusion du chrysotile à l'annexe III de la convention de Rotterdam", a-t-il ajouté.

Selon la convention, l'exportation de certains produits chimiques et pesticides dangereux ne peut être réalisée que si le pays importateur a donné préalablement son accord en toute connaissance de cause, après avoir reçu du pays exportateur toutes les informations utiles concernant sa dangerosité.

Au cas où un pays déciderait d'accepter de tels produits, la convention en facilite l'utilisation moyennant l'établissement de normes d'étiquetage, une assistance technique et d'autres formes de soutien.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne le caractère cancérigène de l'amiante qui provoque chaque année plus de 100.000 décès dans le monde.

jl/via/are

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