NOUVELLES

La sécurité nationale fait irruption dans la campagne présidentielle américaine

14/09/2012 02:51 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

WASHINGTON - La semaine a été éprouvante pour Barack Obama, qui accueillait vendredi les dépouilles de l'ambassadeur de Libye et des trois autres Américains morts mardi dans ce pays, mais aussi pour son adversaire à l'élection présidentielle, Mitt Romney, qui a critiqué maladroitement sa réaction aux violences.

Une cérémonie, à laquelle participait aussi la secrétaire d'État Hillary Clinton, était organisée sur la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland, pour les quatre victimes de l'attaque de mardi contre le consulat des États-Unis à Benghazi, dans l'est de la Libye.

Les autorités américaines explorent la piste d'une action terroriste planifiée pour l'anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, menée sous couvert d'une manifestation contre un obscur film islamophobe tourné aux États-Unis.

À moins de deux mois du scrutin, les violences liées au film «Innocence of Muslims», qui ridiculise Mahomet, le prophète de l'islam, ont remis la sécurité nationale et le terrorisme au coeur de l'actualité au moment où, pour la première fois depuis les attentats du 11-Septembre, ces thèmes n'étaient plus la priorité des électeurs américains, plus préoccupés par la situation économique. Or, à en croire les sondages, la sécurité est l'un des points forts de Barack Obama alors que, pour Mitt Romney, c'est plutôt l'économie.

Après les propos confus de M. Romney, qui a reproché à Washington de se montrer faible en cherchant l'apaisement en début de semaine, le candidat républicain à la vice-présidence, Paul Ryan, a tenté à son tour de dénigrer l'action du président sortant en matière de politique étrangère vendredi, alors que des musulmans manifestaient contre le film islamophobe dans une vingtaine de pays.

De passage à Washington, M. Ryan a déclaré que la politique étrangère américaine avait besoin de clarté morale et de fermeté.

«Que voyons-nous dans cette région aujourd'hui? Le massacre de courageux dissidents en Syrie. Des émeutiers attaquant des ambassades et consulats américains. L'Iran qui a avancé de quatre ans vers l'obtention de l'arme nucléaire. Israël, notre meilleur allié dans la région, traité avec une indifférence frisant le mépris par l'administration Obama», a-t-il lancé.

Un peu plus tôt vendredi à New York, Mitt Romney avait jugé «extraordinairement troublant» le fait que Barack Obama ait refusé de rencontrer le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à l'occasion de la prochaine Assemblée générale de l'ONU, officiellement pour des raisons d'agenda. «Je ne sais pas quel message le président essaie de faire passer au monde, mais cela envoie un message», avait-il ajouté.

La relation Obama-Nétanyahou est tendue, le dernier tentant d'amener les États-Unis à s'engager rapidement dans une intervention militaire pour stopper le programme nucléaire iranien. Le candidat républicain a en revanche été reçu presque comme un chef d'État en Israël en juillet.

Les démocrates ont répondu aux reproches de Mitt Romney en l'accusant d'opportunisme déplacé dans un moment de deuil pour l'Amérique et ont voulu y voir la preuve qu'il ne pourrait pas tenir son rôle de chef des armées s'il était élu à la présidence. M. Obama devait passer son week-end à la Maison-Blanche, soucieux de montrer qu'il se comporte en président responsable plutôt qu'en candidat.

PLUS:pc