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La police kényane dit avoir déjoué une série d'attentats suicides à Nairobi

14/09/2012 06:28 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

La police kényane a annoncé avoir déjoué une série d'attentats suicides prévus pour dimanche dans la capitale Nairobi, notamment contre des églises, en arrêtant vendredi deux suspects et en saisissant six ceintures d'explosif.

Les deux Kényans d'origine somalienne ont été arrêtés à l'aube lors d'une opération à Eastleigh, le quartier somalien de la capitale, qui a également permis de découvrir "12 grenades, quatre fusils d'assaut AK-47 et 480 munitions", a indiqué le chef adjoint de la police de Nairobi, Moses Nyakwama Ombati.

"Les bombes avaient été montées sur des vestes et reliées à des téléphones mobiles" et étaient prêtes à l'emploi, a expliqué Moses Ombati Nyakwama, précisant que des "bâtiments stratégiques" de la capitale kényane étaient visés.

"Nous pensons qu'ils prévoyaient quelque chose d'ampleur (...) mais nous avons déjoué leur projet", a-t-il poursuivi.

Un policier de l'anti-terrorisme ayant participé à l'opération a affirmé sous le couvert de l'anonymat que les suspects comptaient passer à l'action "dimanche durant les services religieux dans des églises".

"Nous recherchons huit autres suspects en rapport avec le matériel explosif (découvert) ce matin", a précisé de son côté le porte-parole de la police, Eric Kiraithe.

Le Kenya, et notamment Nairobi, ont été la cible de plusieurs attaques, à la grenade ou à la bombe, depuis que le pays a envoyé en octobre 2011 un contingent se battre dans le sud de la Somalie voisine contre les islamistes shebab.

Les shebab ont à plusieurs reprises menacé le Kenya de représailles mais n'ont jamais revendiqué ouvertement les attaques ayant frappé le pays.

Plusieurs églises ont déjà été visées. Le 29 avril, une grenade avait été lancée durant un service d'une église protestante de la capitale, faisant un mort et une quinzaine de blessés.

Le 31 mars, une grenade avait été lancée contre un groupe de fidèles sortant d'une église à Mtwapa, sur la côte kényane de l'océan Indien, tuant une personne.

Le 1er juillet, plusieurs hommes armés et encagoulés avaient ouvert le feu et lancé des grenades sur deux églises de la ville de Garissa, à 140 km de la frontière somalienne durant le service dominical, faisant 18 morts, les attentats les plus meurtriers depuis l'intervention de l'armée kényane en Somalie.

Des centaines de jeunes Kényans ont été recrutés ces dernières années pour aller combattre aux côtés des shebab en Somalie, par motivation idéologique ou religieuse, appât du gain ou frustration née de l'absence de toute perspective dans leur pays, selon des rapports de l'ONU.

La police kényane craint que certains de ces jeunes commettent désormais des attentats sur le sol kényan.

Un prêcheur islamiste radical kényan, accusé par l'ONU et les Etats-Unis de participer activement à ces recrutements, Aboud Rogo Mohammed, a été assassiné par balles le mois dernier dans la ville côtière de Mombasa, un meurtre qualifié par plusieurs organisations musulmanes kényanes d'exécution extra-judiciaire.

Ce meurtre a suscité plusieurs jours d'émeutes qui ont fait quatre morts dont trois policiers à Mombasa, tandis que les shebab appelaient les musulmans kényans à "prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger leur religion (...) face aux ennemis de l'islam".

L'armée kényane a pris aux shebab plusieurs localités du sud de la Somalie, et elle annonce depuis des mois un assaut sur le principal bastion islamiste, le port de Kismayo.

Une force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), à laquelle le Kenya a intégré ses soldats, et un contingent éthiopien ont infligé depuis un an une série de revers militaires aux insurgés. Ces derniers répliquent par des attentats, comme celui dont est sorti indemne mercredi à Mogadiscio le tout nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud.

Le Kenya vient par ailleurs d'être secoué par d'autres violences sans aucun rapport, nourries par l'animosité entre deux communautés rivales de la région du delta de la rivière Tana, et qui ont fait une centaine de morts dans ce district du sud-est du pays

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