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Journaliste tunisien renversé par son chef, un acte "inacceptable" pour RSF

14/09/2012 07:37 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé vendredi "le comportement inacceptable" du directeur d'un groupe de presse tunisien en conflit avec ses rédactions qui a percuté la veille un journaliste avec sa voiture.

"Nous condamnons avec force l'accident dont Khalil Hannechi a été la cible. Rien ne peut justifier le comportement inacceptable de Lotfi Touati", le directeur général du groupe Dar Assabah, a indiqué RSF dans un communiqué.

Dénonçant un acte "d'une violence et d'une gravité extrêmes", l'ONG a appelé les autorités à sanctionner les responsables.

Selon des témoins interrogés par l'AFP jeudi, M. Touati a percuté en voiture le journaliste qui voulait lui parler, conduisant à grande vitesse avec la victime sur son capot avant de freiner brusquement, provoquant la chute de M. Hannechi.

Ce dernier a été hospitalisé et son état serait rassurant selon les médecins, a appris l'AFP auprès d'un des collègues du journaliste.

M. Touati a pour sa part démenti avoir percuté à dessein le reporter, l'accusant de s'être jeté sur sa voiture alors qu'il démarrait. Il a par ailleurs indiqué avoir porté plainte.

"Ce n'est pas vrai, je ne l'ai pas heurté. Au contraire, j'ai des témoins. A la sortie du conseil d'administration, il a sauté sur le capot tandis que je roulais et n'a pas voulu descendre", a-t-il dit dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook.

"J'étais contraint de rouler quelques mètres et au moment où j'allais prendre l'autoroute, il a sauté, fait semblant de tomber et fait tout ce cinéma", a-t-il accusé, disant avoir porté plainte pour "dégradation de biens et agression morale".

Le ministère de l'Intérieur a indiqué jeudi qu'une enquête était en cours.

Le groupe "Dar Assabah" publie les quotidiens Assabah (en arabe) et Le Temps (en français). Ces rédactions luttent depuis août contre l'arrivée de M. Touati, nommé par le gouvernement dominé par les islamistes du parti Ennahda.

Les rédactions de plusieurs médias publics accusent Ennahda de chercher à contrôler leurs lignes éditoriales par le biais des nominations de nouveaux directeurs, dont certains ont servi le régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali.

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