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Egypte: Frères musulmans discrets mais l'ambassade des USA toujours visée

14/09/2012 12:34 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Les Frères musulmans égyptiens ont retiré leur appel à manifester vendredi à travers tout le pays contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, mais des manifestants ont continué tout au long de la journée à affronter la police près de l'ambassade américaine.

Les forces de l'ordre ont érigé un mur avec des blocs de pierre dans une des rues du centre du Caire menant à l'ambassade, mais les manifestants se sont dispersés par petits groupes dans d'autres endroit pour tenter d'accéder à la mission diplomatique.

Les affrontements se sont notamment déplacés en fin d'après-midi près de grands hôtels sur la "corniche", un grand boulevard le long du Nil, où les manifestants, pour la plupart des jeunes sans appartenance politique claire, ont continué de jeter des pierres sur les policiers qui répondaient par des tirs de grenades lacrymogènes.

En début d'après-midi les Frères musulmans ont pour leur part cherché à calmer le jeu en retirant leur appel à manifester à travers tout le pays devant les mosquées après la grande prière hebdomadaire.

"Quand nous avons appelé (mercredi) à des manifestations dans tout le pays devant les mosquées, le but était d'exprimer la colère de tous les Egyptiens", a déclaré le secrétaire général du plus puissant mouvement politique d'Egypte, Mahmoud Hussein.

"Mais à la lumière des événements des deux derniers jours, la confrérie a décidé de participer à une manifestation symbolique place Tahrir uniquement, afin qu'il n'y ait pas de destructions de biens, de blessés ou de morts comme cela est arrivé dans le passé", a-t-il ajouté dans un communiqué.

La place Tahrir, dans le centre du Caire, fut l'épicentre des manifestations du début 2011 qui ont abouti à la chute du régime de Hosni Moubarak et reste le site de prédilection des rassemblements politiques.

La situation est de fait restée calme dans la journée sur la place elle-même, où le trafic automobile n'a pas été interrompu, malgré les heurts quelques centaines de mètres plus loin près de l'ambassade des Etats-Unis.

Le principal rassemblement a concerné plusieurs centaines de fondamentalistes salafistes qui s'y sont retrouvés en milieu d'après-midi.

Certains arboraient des affiches de leur principal parti, al-Nour, arrivé en seconde position, derrière les Frères musulmans, aux législatives de l'hiver dernier.

"Je suis prêt pour le martyre", pouvait-on lire sur des pancartes. Un groupe de manifestants a défilé avec un portrait du chef défunt d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden.

Les manifestations contre l'ambassade ont débuté mardi avec plusieurs milliers de personnes. Un groupe était alors parvenu à enlever le drapeau américain pour le remplacer par un étendard islamiste.

Elles se sont poursuivies depuis avec des rassemblements plus petits mais plus violents, composés de jeunes aux motivations politiques incertaines affrontant de manière sporadique les forces de l'ordre qui bouclent les accès à la chancellerie américaine.

En visite officielle à Rome, le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a jugé que le film constituait une "agression" qui "détourne l'attention des vrais problèmes au Proche-Orient", tout en condamnant à nouveau "avec la plus grande détermination" les violences qu'il a entraînées dans la région.

Le "numéro 2" de la confrérie islamiste, Khairat al-Chater, a pour sa part déclaré dans un courrier au New York Times que les Etats-Unis et les citoyens américains ne pouvaient être tenus pour responsables de ce film.

M. Chater a estimé que les Egyptiens avaient le droit de manifester leur colère contre ce film diffusé sur internet mais que l'attaque contre l'ambassade américaine au Caire était "illégale".

bur-cr/vl

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