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EADS-BAE: un test pour les fusions dans la défense aux USA (Lockheed Martin)

14/09/2012 11:39 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

L'industrie de la défense américaine va regarder "avec attention" le projet de rapprochement des européens EADS et BAE Systems, qui va permettre de "tester" la position des autorités sur les fusions entre grands acteurs du secteur, a estimé vendredi Lockheed Martin.

"L'examen du rapprochement (par les autorités américaines, ndlr) va en partie tester (...) s'il va y avoir ou pas une consolidation des grands" candidats à des contrats de défense publics, a indiqué le PDG du groupe de défense américain, Robert Stevens, lors d'une conférence avec des analystes.

"La politique au Pentagone, depuis un moment déjà, est de ne pas favoriser la consolidation des grands groupes" de défense, a-t-il rappelé.

Il dit donc regarder "avec un certain intérêt" le projet de rapprochement de BAE et EADS, "car je pense qu'ils vont tous les deux être perçus comme des grands fournisseurs par le ministère de la Défense".

"Cela pourrait être un test" d'une éventuelle évolution de la politique sur la consolidation du secteur, "et le secteur va regarder ça avec attention", a-t-il assuré.

Concernant plus particulièrement Lockheed Martin, "nous serons prêts pour la concurrence si elle arrive", a affirmé M. Stevens.

Les activités de son groupe ne constituent "pas un portefeuille accidentel", mais le résultat d'achats ou de cessions réalisées ces dernières années quand jugé nécessaire, a-t-il rappelé.

"S'il y a quelque chose que nous voulons acheter nous l'achetons, s'il y a quelque chose que nous voulons vendre nous le vendons, nous n'allons pas être influencés outre mesure par une réaction concurrentielle d'autres entreprises", a-t-il dit.

"Nous continuons de gérer notre entreprise en tablant sur une augmentation de la concurrence", qui arrivera "qu'il y ait réduction des budgets (de la défense aux Etats-Unis) ou pas, que cette fusion se fasse ou pas".

EADS et BAE ont annoncé mercredi avoir entamé des discussions en vue d'une fusion qui créerait un géant mondial de l'aéronautique et de la défense, se donnant jusqu'au 10 octobre pour décider ou pas de la réaliser.

"C'est une grande transaction compliquée", en particulier parce qu'elle implique plusieurs pays, a encore relevé vendredi M. Stevens.

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