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Afrique du Sud: le principal syndicat minier inquiet d'une contagion sociale

14/09/2012 12:39 EDT | Actualisé 14/11/2012 05:12 EST

Le puissant Syndicat national des mineurs sud-africains (NUM), allié du pouvoir, s'est inquiété vendredi du danger de contagion de la crise sociale qui enflamme les mines du pays, espérant que l'annonce du gouvernement d'assurer le maintien de l'ordre sera suivie d'effets.

"C'est imprévisible, ça (la crise) peut s'étendre, sauf si réellement cette histoire de maintien de l'ordre peut être vraiment efficace", a indiqué à l'AFP le secrétaire général du NUM, Frans Baleni.

"Nous avons été plutôt déçus par les forces de l'ordre, vu qu'il y a eu des tirs (...), et nous espérons qu'elles feront convenablement leur boulot, cette fois", a-t-il dit, faisant référence à la fusillade du 16 août à la mine de Marikana (nord), où la police a ouvert le feu sur des manifestants, tuant 34 personnes.

"Nous sommes très inquiets, et nous exhortons les forces de l'ordre à faire leur travail", a insisté le responsable syndical.

Les dirigeants du principal syndicat du pays ont assuré lors d'une conférence de presse à Johannesburg qu'ils n'avaient pas perdu le contrôle de leurs troupes, alors que l'agitation gagne de mine en mine, où leur autorité est ouvertement contestée.

"Nous contrôlons la situation", a assuré M. Baleni.

"Nous n'avons pas pu discuter avec nos membres à cause de la violence", a-t-il ajouté. "Je ne crois pas que nos membres aient perdu confiance. Mais il y a le problème de l'intimidation, et des menaces, et des meurtres, en fait."

A propos de la mine de Marikana, où le cadavre d'un permanent du NUM a été découvert mardi, "Lonmin a 27.000 employés, et 3.000 d'entre eux sont sur le koppie", la colline où les grévistes ont pris l'habitude de se rassembler depuis plus d'un mois, a relevé Peter Bailey, responsable de la santé du syndicat.

"Au NUM, nous n'avons pas encouragé (nos membres) à aller travailler tant que la direction n'aura pas garanti leur sécurité", a ajouté à ce propos Frans Baleni, alors que seul 0,3% des employés de Marikana sont allés pointer vendredi.

Le syndicat a appelé à la création d'un forum chargé de négocier les salaires pour l'ensemble des mines de platine --qui assurent près de 80% de la production mondiale-- et à la mise en place d'une commission d'enquête sur les conditions de logement des mineurs.

liu/cpb/jlb

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