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USA: l'emploi "reste un motif de grande inquiétude" (Bernanke)

13/09/2012 03:01 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

La situation du marché de l'emploi aux Etats-Unis "reste un motif de grande inquiétude", a déclaré jeudi le président de la banque centrale américaine (Fed).

Les dernières données économiques "confirment que le rythme modeste de la croissance continue d'être insuffisant pour entraîner des progrès sensibles sur le front du chômage", qui atteignait officiellement 8,1% en août, a déclaré M. Bernanke lors d'une conférence de presse.

Cette appréciation sur l'évolution de l'emploi, et le fait que la Fed table à moyen terme sur une inflation inférieure à son objectif de 2,0% sont à l'origine de la décision annoncée un peu plus tôt par la Réserve fédérale d'augmenter son soutien à l'économie en rachetant de nouveaux titres sur les marchés, a expliqué M. Bernanke.

La Fed n'a pas fixé de date pour la fin de ce nouveau programme, mais M. Bernanke a indiqué que son institution ne serait pas capable "de soutenir des rachats" comme ceux qui ont été annoncés, au rythme de 40 milliards de dollars par mois, jusqu'au retour du plein emploi, qui correspond pour la Fed à un taux de chômage compris entre 5,2 et 6,0%.

Le but de la Fed est d'obtenir "une amélioration continue et soutenue du marché du travail", a encore dit M. Bernanke.

Les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) "n'ont pas un chiffre spécifique à l'esprit" qui, une fois atteint, les conduirait à mettre fin à sa nouvelle opération, a-t-il précisé. "Mais ce que nous avons vu au cours des derniers mois ne fait pas le compte".

Alors que de nombreuses voix doutaient de l'efficacité d'un nouveau programme de rachat de titres avant même que la Fed ne l'annonce, M. Bernanke a assuré que les nouvelles mesures auraient "un effet sur le marché du travail" qu'il a décrit comme "significatif, important", mais pas comme "une panacée ou une solution à tous les problèmes" de l'économie américaine.

Il appelait ainsi une nouvelle fois le Congrès à se mettre d'accord pour lever les incertitudes relatives à l'évolution de la politique fiscale et budgétaire des Etats-Unis, qui entravent la croissance en maintenant investisseurs et entreprises dans le flou.

Le président de la Fed est notamment revenu sur le "mur budgétaire", fait de hausse des impôts et de contraction des dépenses publiques, auquel l'économie américaine risque de se heurter dès janvier si le Congrès ne change rien aux lois existantes.

Un tel scénario risquerait fort de faire replonger l'économie dans la récession.

"Si le mur budgétaire se concrétise, je pense et j'espère que cela n'arrivera pas, mais si c'est le cas (...) je ne pense pas que la Réserve fédérale aura les instruments permettant d'en compenser les effets", a-t-il dit confirmant l'avertissement qu'il avait lancé en juillet aux élus.

M. Bernanke a répondu également à un journaliste de la chaîne de télévision Fox Business News, proche du parti républicain, qui lui demandait si les actions annoncées jeudi par la Fed ne risquaient pas d'aider à la réélection du président sortant Barack Obama face à son rival républicain Mitt Romney en novembre, en contribuant à améliorer l'état de l'économie.

"A la Réserve fédérale, a-t-il dit, nous avons su rester non-partisans et apolitiques. Nous prenons nos décisions sur la seule base de l'état de l'économie et des besoins de celle-ci en matière d'assouplissement monétaire, donc pour dire les choses simplement, nous ne prenons pas en compte les facteurs de ce genre".

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