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Tunisie/torture: les magistrats ne jouent pas leur rôle contre la torture (ONG)

13/09/2012 01:19 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

Les magistrats tunisiens jouent un rôle "négatif" dans la lutte contre la torture malgré la révolution de 2011, a déploré jeudi la présidente de l'Association de lutte contre la torture, Radhia Nasraoui, qui note une résurgence de ces pratiques.

"Nous avons souffert de la position de la plupart des magistrats sous le régime de Ben Ali et malheureusement le rôle de la magistrature dans la lutte contre la torture reste encore négatif", a-t-elle précisé lors d'une conférence sur "le rôle du parquet et des magistrats dans la prévention de la torture".

Selon Mme Nasraoui, "la pratique de la torture a repris d'une façon horrible en Tunisie ces derniers temps et dans plusieurs régions de la Tunisie".

"Cette pratique fait un retour fort et violent en Tunisie", a renchéri Mokhtar Trifi, président d'honneur de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'Homme.

"Nous ne pouvons pas prévenir la torture s'il n'y a pas une volonté politique", a estimé de son côté Thérèse Pytter, représentante du centre danois de réhabilitation et de recherche pour les victimes de la torture (RCT).

Des militants de droits de l'Homme ont accusé le gouvernement dominé par la parti islamiste Ennahda de laisser se poursuivre la torture dans les prisons, qui était monnaie courante sous la régime de Zine El Abidine Ben Ali, renversé en janvier 2011.

Un Tunisien de 40 ans écroué pour un vol présumé a trouvé récemment la mort après avoir été torturé, selon des ONG.

Il avait été arrêté le 28 août et avait dû être hospitalisé le jour même dans un état de coma profond, selon le ministère de l'Intérieur précisant que l'examen médical avait révélé un traumatisme crânien.

Les autorités tunisiennes se sont engagées à mettre en place un mécanisme de prévention de la torture, prévoyant en particulier des visites régulières dans les lieux de détention et les postes de police.

kl/alf/hj

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