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Tuerie en Haute-Savoie : le procureur cherche des explications au Royaume-Uni

13/09/2012 03:30 EDT | Actualisé 12/11/2012 05:12 EST

Le procureur français Éric Maillaud a passé la journée de jeudi au Royaume-Uni pour tenter de découvrir les causes de la tuerie de Chevaline, dans les Alpes françaises, dont a été victime la famille Al-Hilli le 5 septembre dernier.

Accompagné de Michel Mollin, l'un des deux juges chargés de l'enquête, le procureur a passé l'après-midi à huis clos au poste de police de Woking, dans le comté du Surrey. « Nous sommes parfaitement conscients qu'Annecy n'est que le lieu fortuit de ce drame et que vraisemblablement, l'origine, les causes et les explications sont ici chez vous », a-t-il déclaré à son arrivée.

Les deux parties se sont promis de coopérer malgré les procédures et les juridictions différentes entre les deux pays.

Les enquêteurs se concentrent notamment sur la perquisition de la maison familiale des Al-Hilli, située à Claygate, d'où les policiers continuent de sortir des sacs entiers et des cartons remplis de pièces à conviction.

Le père des fillettes, Saad Al-Hilli, 50 ans, un Britannique d'origine irakienne, leur mère Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère d'origine irakienne et de nationalité suédoise Suhaila Al-Allaf, 74 ans, ainsi qu'un cycliste de 45 ans qui était de passage ont été tués de deux balles dans la tête. Le crime a eu lieu dans un stationnement isolé d'une route forestière de Chevaline, sur les hauteurs du lac d'Annecy, dans les Alpes françaises.

Les deux filles du couple, âgées de 4 et 7 ans, ont survécu à la fusillade. La plus âgée n'a pu être interrogée et demeure hospitalisée à Grenoble.

M. Maillaud a indiqué mercredi que les enquêteurs concentraient leurs efforts sur trois pistes : la piste familiale, la profession du père et l'Irak, pays d'origine des Al-Hilli.

Des informations ont circulé sur un différend entre Saad et son frère Zaid, également établi au Royaume-Uni, à propos d'un héritage en Espagne ou en Irak. Zaid a été interrogé quatre jours d'affilée et nie toute brouille.

L'hypothèse d'une piste suédoise a aussi surgi jeudi. L'AFP a eu accès à des documents de justice à Stockholm révélant que Suhaila Al-Allaf a été battue pendant des années par son fils. Haydar Thaher, 46 ans, suédois, n'a pas été vu « depuis un certain temps ».

Saad Al-Hilli a par ailleurs travaillé comme ingénieur pour une société spécialisée en microsatellites.

La piste irakienne est toutefois la plus difficile à exploiter, selon le procureur. « On ne sait pas comment travailler avec l'Irak de manière fiable », a-t-il précisé.

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