De vives tensions chez Revenu Québec, dénonce le syndicat des employés

Publication: Mis à jour:

Climat de travail tendu, processus d’embauche douteux, manque de leadership: les critiques s’accumulent un peu plus d’un an après la création de l’Agence du Revenu du Québec, confirme le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Des accusations qui ne semblent pourtant pas inquiéter Revenu Québec.

«Quand il a été question de créer l’Agence du Revenu, on a promis mer et monde aux employés qui étaient en poste au ministère du Revenu afin qu’il reste à l’Agence. Un an plus tard, la déception est très grande», dénonce Patrick Audy, vice-président du SFPQ.

La sortie du SFPQ fait suite à la publication cette semaine d’un article du Huffington Post Québec concernant les bonis alloués chez Revenu Québec.

Selon le SFPQ, ces primes ont été allouées tandis que plus de la moitié des employés (6200) de l’agence n’y ont pas eu droit. La raison? Les travaux «de classification pour le personnel syndiqué sont au point mort», c'est-à-dire le processus destiné à déterminer l'échelle salariale des employés. Une situation qui provoque des tensions et déceptions chez le personnel, selon le syndicat.

«La dernière rencontre date du 16 novembre 2011, dénonce M. Audy. Nous en étions à la sixième version de la lettre d’entente. Depuis, plus rien. Il n’y a pas grand chose qui bouge pour faire avancer le dossier de la classification.»

Prime injustifiée au PDG?

Alors que l’actuel président-directeur général de Revenu du Québec, Jean St-Gelais, se prépare à occuper le poste de secrétaire général sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois, le SFPQ dénonce la prime de 5% à laquelle il a eu droit l'an dernier.

«Le PDG sortant, Jean St-Gelais, n'a certainement pas mérité son boni de 5 % pour ses performances à faire cheminer les travaux de classification avec le SFPQ, car rien n'a bougé, déplore le vice-président du SFPQ. L'octroi de prime au rendement dans cette situation est déplorable. La direction se livre à une politique de deux poids deux mesures.»

Malgré que M. Jean St-Gelais ait fait une tournée du Québec au coût d’un peu plus de 45 000$ afin de rencontrer les membres de son personnel, le syndicat n’hésite pas à critiquer son manque de leadership dans la gestion de l’Agence depuis sa création.

«Il a fait une tournée du Québec surtout pour vanter la nouvelle image de marque de l’Agence du Revenu du Québec, poursuit M. Audy. C’est difficile pour des employés de parler de leurs inquiétudes quand la rencontre a lieu dans une salle avec 400 à 500 personnes.»

Selon le SFPQ, depuis la création de l’Agence, M. St-Gelais aurait rencontré une seule fois les membres du syndicat. Une rencontre qui aurait eu lieu en juin 2012. «Il n’y a pas eu de leadership à l’Agence du Revenu depuis sa création», dit simplement Claude Tremblay, coordonnateur du service de la classification.

Processus d’embauche douteux

Le syndicat critique également le processus d’embauche au sein de Revenu Québec. Selon le SFPQ, il est désormais facile pour un directeur, par exemple, d’embaucher un membre de sa famille, ou encore un ami, quand ce dernier a besoin de personnel.

«C’est un processus qui ne fait pas preuve de transparence, dénonce-t-il. Il s’agit que la personne se qualifie sur la banque de candidats et, après, le directeur qui a besoin d’embaucher à seulement à choisir dans la liste.»

Des accusations rejetées du revers de la main par l'agence. «Revenu Québec procède aux embauches avec transparence et équité selon les règles adoptées par son conseil d'administration», écrit dans un courriel Stéphane Dion, chef des relations publiques.

Au chapitre de la classification, Revenu Québec explique qu’elle travaille «actuellement à mettre en place une structure de classification mieux adaptée à la réalité et à la spécificité de la mission de Revenu Québec. Cette structure doit être juste et raisonnable, et elle doit respecter notre capacité de payer», précise M. Dion, indiquant que des améliorations ont déjà été apportées pour 2200 employés.

Sur le web

Des bonis chez Revenu Québec

Un million en bonis chez Revenu Québec

Un million en bonis | Politique | Actualité | Le Journal de Montréal