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Telus demande au CRTC de bloquer l'acquisition d'Astral Media par Bell

13/09/2012 09:24 EDT | Actualisé 13/11/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Bell exercerait trop de contrôle sur le contenu et aurait la possibilité d'affecter de façon négative les consommateurs et la concurrence si son acquisition d'Astral Media était autorisée, a estimé jeudi le géant canadien des télécommunications Telus.

Telus (TSX:T) s'ajoute à la liste des entreprises de télécommunications ayant affirmé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) que l'acquisition par Bell (TSX:BCE) du diffuseur de télévision payante et spécialisée et radiodiffuseur ne devrait pas être permise ou ne devrait l'être qu'à certaines conditions.

«Les consommateurs veulent acheter des droits pour tous les contenus sur toutes les plateformes», a déclaré Ann Mainville-Neeson, directrice générale de la réglementation chez Telus, après avoir exposé la position de l'entreprise lors des audiences du CRTC sur l'entente de 3,4 milliards $ conclue par Bell afin d'acquérir Astral.

«Ils veulent regarder la télévision sur leur téléviseur, leurs appareils mobiles, leurs tablettes électroniques, leurs ordinateurs portatifs», a-t-elle ajouté.

Telus affirme que Bell tente de vendre son contenu à la pièce, rendant les négociations plus difficiles et coûteuses.

«Ajouter de nouveaux actifs d'importance au portefeuille de contenu de Bell en approuvant l'acquisition d'Astral ne ferait qu'empirer les choses», a affirmé Mme Mainville-Neeson au CRTC.

Telus, dont le siège se trouve à Vancouver, fournit des services de téléphonie cellulaire, d'accès à Internet et de télévision, mais ne possède pas d'actifs médias et doit négocier avec Bell et d'autres pour son contenu de programmation.

«Il est vraiment essentiel que nous obtenions tous ces droits à un prix unique», a ajouté Richard Stursberg, conseiller de Telus en matière de statégie média et divertissement.

Telus conteste l'affirmation de Bell selon laquelle son prix des droits sur le contenu de toutes les plateformes est de 3 millions $ par année, indiquant qu'il est plutôt de plus de 8 millions $ par an.

Rogers Communications (TSX:RCI.B) et Québecor (TSX:QBR.B) ont également manifesté leur opposition à l'acquisition d'Astral Media par Bell, tandis que Shaw Communications (TSX:SJR.B), de Calgary, est en faveur de la transaction.

Le CRTC en était jeudi à la quatrième journée de ses audiences publiques pour déterminer si le géant des télécommunications devrait pouvoir conclure une entente pour grossir davantage.

Bell possède déjà le réseau de télévision CTV et l'ancien groupe de radio CHUM, ainsi qu'une longue liste de chaînes spécialisées, sans oublier Bell Canada, la plus importante entreprise de télécommunications du pays.

Bell a affirmé que l'achat d'Astral permettrait une plus grande concurrence sur le marché francophone québécois, qui est dominé par Québecor. L'entreprise soutient également qu'elle posséderait, à la suite de la transaction, 33,5 pour cent du marché télévisuel anglophone et 24,4 pour cent du marché francophone.

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